Act-age 1. Kei yonagi

K ei Yonagi a vite été propulsée dans le monde des adultes. Une mère décédée et un père absent, elle s'occupe donc seule de son frère et de sa sœur avec peu de moyens, ce qui les placent souvent en grande difficulté. Fan de cinéma, la jeune fille tente un jour sa chance en participant à un casting de la célèbre agence «Stars». Si elle n'est pas retenue pour la suite de l'aventure, sa prestation a cependant marqué le réalisateur excentrique Sumiji Kuroyama. Celui-ci a vite décelé le talent rare de Kei : se projeter dans son rôle en faisant appel à des émotions déjà vécues. Attention, cette aptitude à double tranchant pourrait la mener à la gloire, comme la détruire.

Pour sa première série, le scénariste Tatsuya Matsuki sonde en profondeur le milieu fantasmé des acteurs. Derrière les strass et les projecteurs débute donc une lutte sans concession. C’est dans ce climat de compétition qu'une adolescente atypique est prise sous l'aile d'un mécène qui souhaite «polir ce diamant brut et dévoiler son éclat». Le tome un décrit son apprentissage et ses premiers pas, de divers plateaux en sélections. À travers le quotidien des nombreux personnages sont abordés les thèmes de la difficulté d’interprétation, la concurrence entre comédiens et la rudesse des challenges. Dans le second épisode s'opère un changement de direction. En effet, une audition pour un blockbuster donne un virage quasi «survival» au titre. Intriguant, ce mélange captive. Très complet, le manga développe aussi, non sans humour, les coulisses, les techniques de réalisation et de jeu, les ambiances des studios. L'autre atout de ce début est d'avoir un rythme bien équilibré. Le portrait de l'héroïne se révèle dense et ambigu. Kei est loin d'être lisse, car elle possède une façon de percevoir la comédie qui la rend imprévisible. La narration et la mise en scène, classiques, sont efficaces.

L'amorce de Act-age est impeccable, le titre proposant un genre assez peu abordé et mêlant les idées avec intelligence (treize volumes parus pour le moment).

Moyenne des chroniqueurs
7.0