Perseus 1. La vengeance de Medusa

L a journée s’annonçait tranquille pour Élias et ses matelots, Thalès et Pythagore, jusqu’à ce qu’un vaisseau s'écrase sur leur navire après un bref combat aérien. Alors qu’ils viennent en aide aux deux passagers, le célèbre Narkissos débarque et les envoie par le fond d’un seul coup de son épée magique. Par chance, tout ce petit monde est sauvé par Popi, un inventeur porté sur la récupération et l’écologie. Les présentations faites, Perseus, l’enfant rescapé, explique au groupe que sa nounou et lui ont échappé à Médusa, un monstre qui a usurpé le trône d’Argos, statufiant le véritable roi et emprisonnant la mère du gamin. C’est décidé, pour l’argent ou pour la gloire, la fine équipe entreprend de renverser la situation. Encore faut-il se rendre sur place et échafauder un plan…

Quand certains reprennent les mythes à la lettre, d’autres les revisitent librement, souvent à la sauce humoristique. Didier Ah-Koon et Thiên Thanh Tran sont de ceux-ci. Les protagonistes de la légende de Persée sont repris et modernisés, voire détournés. Les trouvailles prêtent à sourire et font généralement sens (Dana(é) est mère célibataire ; Narcisse, forcément épris de son image, se révèle tout en muscles et digne des culturistes). Quant aux autres figures, elles s’insèrent dans l’équation pour y apporter du piquant et une dose rocambolesque supplémentaire, mais leur côté faire-valoir un peu trop marqué (Élias en particulier) peut s’avérer agaçant par moments.

Le récit de ce premier opus est entièrement focalisé sur l’action. D’une rencontre impromptue avec noyade et rescousse à l’appui à une équipée en terre hostile pour démasquer l’ennemie, les événements s’enchaînent à toute vitesse, ne laissant aucun répit pour souffler. Malgré ce rythme trépidant, les auteurs parviennent quand même à glisser un élément qui pourrait avoir son importance par la suite et qui soulève un début de questionnement. Cependant, de façon générale, interrogations et réflexions sont reléguées au second plan et seules les motivations de Médusa sont dévoilées.

Au ton volontairement enjoué répond un graphisme à l’avenant et truffé de clins d'œil. En effet, Antoine Ettori croque des tronches bien caractérisées et pleines d’allant. Son trait semi-réaliste s’avère aussi expressif qu’agréable et est relevé par une mise en couleur pimpante. Les cadrages sont assez variés et le découpage conserve une bonne lisibilité, bien que les pages comptent généralement une dizaine de cases.

Entrée en matière trépidante, La vengeance de Médusa constitue une lecture légère et cocasse qui devrait surtout plaire aux jeunes.

Moyenne des chroniqueurs
5.5