VilleVermine 1. 1/2 : l'Homme aux babioles

C omme son nom l'indique, Villermine est une cité immonde et totalement livrée à elle-même. La débrouille, le vol et forcément le crime sont les seules voies pour survivre. Jacques Peuplier est un détective un peu particulier : laconique et acariâtre, ce colosse se propose de retrouver des objets du quotidien qui ont été perdus, oubliés ou dérobés. Facile quand on possède le don extraordinaire de pouvoir communiquer avec eux ! Mais ça devient plus compliqué lorsqu'il s'agit d'enquêter tout bonnement sur la disparition de la fille de la reine des bas-fonds. C'est à ce moment-là que les ennuis vont commencer.

Issu du 7ème Art, Julien Lambert poursuit sa carrière deux étages plus haut, en signant, après Edwin le voyage aux origines publié en 2014, un polar futuriste et un tantinet fantastique. À la fois au scénario et au dessin de ce premier tome intitulé L'Homme aux babioles, très inspiré, peut-être même un peu barjot, il distille une ribambelle d'idées originales, attractives et loufoques comme ces hommes-mouches pilotés par un savant excentrique ou ces grosses libellules pourchassées et utilisées à des fins scientifiques. D'autres trouvailles, moins nombreuses mais plus poétiques, à l'image de ce petit gavroche des rues accompagné de son chat Mauvais-Poil, adoucissent le rythme frénétique de l'album. L'auteur n'en oublie pas son personnage principal qui passe la plupart de son temps à rafistoler des objets abîmés auxquels il ne manque plus que la parole. Chose faite, une fois bichonnés et rangés dans ce qui lui sert de piaule, Jacques peut alors converser avec eux, lesquels le lui rendent bien en lui servant occasionnellement d'indic. Quant à l'action et à l'enquête, elles restent bien évidemment prépondérantes, alimentées par un graphisme caricatural assez clinquant pour ce qui est des acteurs, et plutôt réaliste en ce qui concerne l'architecture urbaine.

Indépendamment des fondamentaux, Villevermine parvient à s'affranchir des standards en rassemblant de manière subtile et dans un style qui lui est propre, les atouts supplémentaires pour faire d'une bande dessinée un très agréable moment d'évasion.

Moyenne des chroniqueurs
6.7