I Hate Fairyland (2015) Madly Ever After

Q uel enfant n'a jamais rêvé de suivre le lapin blanc et de tomber dans le conduit amenant à un monde féerique ? C'est ce qui arrive à Gertrude, adorable gamine de dix ans, qui vient de se faire inviter à Fairyland pour une aventure formidable : traverser le Pays des Merveilles pour trouver la clé lui permettant de rentrer chez elle, se faire plein d'amis et tester des super pouvoirs. Sauf que l'élue n'est pas douée et que son périple qui devait durer le temps d'une nuit a pris vingt-sept ans. Et avoir trente-sept ans dans le corps d'une enfant a généré un comportement inattendu dans un conte : Gertrude est devenue une psychopathe. Et après qu'elle eut exterminé la lune et les étoiles à coup de boulets de canon, la reine Cloudia en a ras-le-bol et décide de se débarrasser définitivement de cette nuisance. Sauf que le danger public aux couettes vertes a de la ressource.

Planquez les enfants, cet ouvrage n'est pas fait pour eux. Gertrude trucide à tour de bras et passe à la moulinette gore les gentils personnages de notre enfance. Second degré et références de rigueur, l'ouvrage en est truffé et hélas, la traduction ne rendra pas tous les clins d’œil anglophones, comme par exemple à Twinkle Twinkle Little Star, chanson bien connue des écoliers anglo-saxons qui rythme le massage sanglant de la voie lactée. S'il est jubilatoire, ce scénario trash a tendance à être répétitif : la gamine semble être une monstruosité grobillesque que nul ne peut détruire, et comme dans tout jeu vidéo "trucidaire", lorsque le joueur devient trop fort, l'intrigue s'épuise. Heureusement, quelques retournements font espérer du lourd pour le tome deux. Le dessin est à l'image de l'intrigue, dans un style cartoon éclaboussé de fluo, de sang et d'entrailles, avec quelques jolies métaphores graphiques.

À réserver à un public averti.

Moyenne des chroniqueurs
6.0