Martin Eden
C
hanger pour conquérir le cœur de celle qu’on aime, c’est le but que s’est fixé Martin Eden quand il vit pour la première fois Ruth Morse. Rien ne les prédestinait à se rencontrer, leurs conditions et origines sociales étant par trop différentes. C’est grâce à ses poings que Martin, marin et vadrouilleur, défendit le frère de Ruth dans une rixe. C’est avec ses mains et ses talents d’écriture qu’il espère trouver grâce auprès de la jeune femme. Hélas, on ne s’improvise pas romancier du jour au lendemain et les manuscrits envoyés aux éditeurs sont refusés les uns après les autres. Récit d’une quête identitaire, oscillant entre rêves et désespoir.
Même s’il s’en est défendu à plusieurs reprises, Jack London a certainement écrit avec Martin Eden son œuvre la plus autobiographique : des éducations sensiblement similaires, un même goût prononcé pour l’aventure et les grands espaces, des talents identiques pour coucher sur le papier des récits extraordinaires, une adhésion commune aux idées socialistes de l’époque et, sans dévoiler la fin, une destinée tragique pour le héros et son auteur.
Le duo d’À l’ombre de la Gloire s’est reformé pour adapter très sobrement ce roman, publié pour la première fois au tout début du 20ème siècle. Denis Lapière déroule sans fioriture et artifice l’histoire de l’apprenti écrivain. Les peintures d’Aude Samama apportent un esthétisme tout en douceur même si l’ensemble, notamment dans les quelques scènes d’action éparpillées çà et là, manque parfois d’un peu de rythme.
À découvrir essentiellement pour mettre en lumière une facette de Jack London, très éloignée des écrits qui ont fait sa renommée.
6.0
