Johnny Jungle 1. Première partie

G rand Hôtel Acapulco. Sûrement le début des années 80. C’est dans une de ses chambres que se cache Johnny Jungle, l’ancienne gloire de la natation et du cinéma. Celui qui a été le roi de la jungle, puis celui d’Hollywood, est maintenant pourchassé et obligé de se terrer. En attendant que Brenda revienne avec le ravitaillement, Johnny se souvient. De son enfance dans la jungle, de son frère de liane Kinka, de sa mère Moota. Surtout, il se rappelle de sa rencontre avec celle qui a fait basculer sa vie, Jane…

Johnny Jungle, ou l’histoire vraie de Johnny Weismuller. Enfin, celle qu’il se racontait à la fin de sa vie plutôt. Voilà ni plus ni moins ce que tendent à raconter les auteurs au travers de cette prétendue biographie. La grande force du scénario de Jean-Christophe Deveney est de présenter un portrait non pas historique et exact, mais partiellement inventé, tel qu’aurait pu se l’imaginer le principal intéressé. Basant son récit sur le « je », recourant à la voix off pour enchaîner les différentes étapes de son récit, l’auteur utilise toutes les ficelles habituelles de ce genre d’exercice pour inviter le lecteur à partager plus profondément les souvenirs présentés. Le ton enjoué, aux limites du burlesque, n’oublie jamais de maintenir à l'esprit le triste destin qui attend le héros. Au dessin, Jerôme Jouvray anime avec malice les différents personnages. Si son trait fait forcément mouche pour tous les moments d’humour, il sait aussi s’effacer, au travers d’une mise en scène rigoureuse, pour servir l’émotion qui sous-tend l’intrigue. Difficile de passer sous silence le travail d’Anne-Claire Jouvray aux couleurs. Travaillant de concert avec le dessinateur, elle donne corps d’une manière admirable aux différents décors qui accueillent l’histoire.

Johnny Jungle est une très belle surprise. Jouant avec intelligence du rire et des sentiments, les auteurs livrent ici la première manche d’une vraie fausse, ou faussement vraie, biographie d’une icône maintenant oubliée du cinéma. Reste à découvrir, avec impatience, la suite dans la prochaine partie !

Moyenne des chroniqueurs
7.3