Les coulisses du Pouvoir 8. Les Prédateurs

I l ne fait pas bon croiser le chemin de Philippe Richelle lorsqu’on est un homme politique. Depuis 1999, celui-ci s’ingénie à mettre leurs moindres turpitudes en exergue dans sa passionnante série, Les Coulisses du Pouvoir. Quel que soit le parti, au pouvoir ou dans l’opposition, chacun en prend pour son grade.

Tous pourris ? Ce serait trop facile : évitant le cynisme désabusé qui serait de mise, l’auteur se contente de rapporter les faits, presque de façon mécanique, mettant en scène des personnages souvent dénués de personnalité au sein d’un système qu’ils ne remettent jamais en cause. On ment, on vole, on trafique, on enterre des dossiers à la chaîne comme d’autres serrent des boulons huit heures par jour. Et parfois on tue, ce qui finit par éveiller les soupçons et par lancer presque par hasard des policiers anonymes sur les traces d’un scandale politique. Une trame finalement assez simple qui fait mouche à chaque fois, grâce au talent de conteur de Richelle qui s’ingénie à chaque fois à marier la fiction et quelques bribes de véritables scandales qui ont émaillé la scène politique ces dernières années.

Jusqu’à ce dernier diptyque, le dessin de Delitte, expert en « gueules », avait largement contribué au succès de la série. Après le départ de celui-ci, Richelle est revenu à ses premières amours en assurant également cette partie, avec un résultat mitigé sur le tome précédent, heureusement sauvé par un scénario toujours efficace.
Un peu plus d’assurance, des changements pour l’encrage et pour la couleur, et cette deuxième partie gagne franchement en qualité, reléguant perspectives maladroites et visages naïfs au rang de mauvais souvenirs.

Pratiquement seule sur ce créneau du thriller politique, cette série continue sa belle carrière sans faiblir en qualité, en ayant désormais bien digéré le changement de dessinateur. Et comme l’actualité constitue un vivier inépuisable d’idées de scénarios, elle semble encore avoir de beaux jours devant elle…

Moyenne des chroniqueurs
6.7