Post-mortem pacific !!! 1. Épidémie

U n chaman-exorciste et son copain sont engagés par l’aide de camp d’un colonel sudiste suspecté d’avoir détourné un trésor pour faire main basse sur le pactole. Et ils croisent des zombies, des robots, des prostituées-espionnes…

Epuisant. Quand la migraine s’estompe un peu, après avoir achevé cet album-OVNI, plusieurs questions émergent. Dans le désordre :

Y a-t-il un genre narratif qui n’a pas été abordé ici ?
Le Western de type Mystères de l’Ouest, le fantastique, le gore, le steampunk à la Hauteville House, le sumo (ah non, ça c’est un sport), l'humour typé travestis, le comique troupier pathétique… hélas le courage manque pour reprendre la lecture et vérifier si, au détour d’une case, le drame intimiste ne fait pas une courte apparition entre deux robots géants.

Qu’est-ce que ça raconte ? (Variante : Ai-je manqué une page sur deux ?)
La construction narrative est tellement nerveuse, décousue, elliptique, les running-gags tombent si souvent au moment inopportun que le sens général risque d’échapper au lecteur le plus concentré. A la limite, seuls les passages particulièrement ratés comme l’inutile et pas drôle scène du bordel restent en mémoire, car ils ne se fondent pas dans l’infernal mélange.

Y a-t-il un pilote dans l’avion ?
Emmanuel Nhieu profite visiblement de cette BD pour donner libre cours à son imagination graphique et, puisqu’il semble incapable de trancher entre les différents genres qu’il adore, les réunit tous au point qu’on se demande s’il y a vraiment une intrigue et une issue à attendre à cette histoire. Qu’il y en ait une ou non, l’intérêt est ailleurs, notamment dans un style graphique généreux, pas toujours lisible (personnages sortis du même moule) mais, pour son auteur, jouissif : du mouvement, de la couleur autant que faire se peut, du cadrage spectaculaire pour dans l’ensemble un résultat qui tient la route. Bref, peu importe si l’avion est dirigé, les loopings valent la peine.

Est-ce que j’ai aimé ?
C’est peut-être le plus étrange : à moins d’avoir abandonné en cours de route pour des raisons évidentes, difficile de résumer son sentiment face à cet album. Entre la frustration de voir une idée sympathique (le mélange des genres) mal exploitée, la consternation devant des passages vulgaires, et d’une façon générale l’agacement face à l’absence de cohérence de l’histoire, c’est le négatif qui prédomine. Mais comme on est souvent indulgent avec les gamins turbulents et imaginatifs, de façon totalement irrationnelle, il se pourrait bien qu’on jette quand même un œil à la deuxième partie. Allez comprendre…

Moyenne des chroniqueurs
3.0