Demain 5. Acte 5

C inq petits tours et puis s’en vont. Spécialistes des récits en cinq albums, Léo, Rodophe et Louis Alloing clôturent leur saga d’anticipation en temps et en heure. Comme il se doit, les héros sont enfin réunis, les acteurs de l’ombre – l’étrange Angie, tout particulièrement – se dévoilent et les ultimes révélations tombent, avant le très attendu final. Sans trop divulgâcher, la résolution proposée s’avère logique et finement boulonnée. Les scénaristes ont habilement agencé les stéréotypes du genre et sont arrivés, avec pas mal d'audace, à lier une ambiance American Graffiti avec celle de Mad Max, via The Wall pour un court instant.

À noter, si la série repose sur le canevas et la distribution habituels des auteurs derrière Les missions fantastiques de Kathy Austin, le ton et les pistes de réflexion semblent plus personnels que dans leurs œuvres précédentes. La nostalgie d’une jeunesse désormais lointaine, l’incompréhension face à l’époque actuelle qui, sans même être mentionnée, serait la raison de la fin du monde. Cette impression et ce ressenti sont d’ailleurs renforcés dans la conclusion qui referme cet Acte 5. Fantasme d’un Âge d’or retrouvé ou à retrouver ? Peur sincère à propos du devenir de la société ? À chacun d’interpréter ces sous-textes en fonction de sa sensibilité.

Approche BD classique (découpage, mise en page, etc.), visuellement abouti et très bien écrit, Demain se révèle être nettement plus actuel qu’il y paraît. Sujets sociétaux, violence particulièrement frontale, quelques doutes, Rodolphe/Léo ont osé injecter un peu d’intime dans la fiction pure. L’intention est à relever. En même temps, que les amateurs du duo ne s’inquiètent pas : suspens, personnages à fleur de peau et créatures/véhicules au design soignés occupent également le devant de la scène.

Moyenne des chroniqueurs
6.0