Léo Loden 30. Bubonic et vieilles dentelles

M arseille, 1720. La population peine à le croire, mais la peste est de retour. Bernard de Gonzague, dont l’épouse figure parmi les victimes, mandate Léo Loden pour mener l’enquête et découvrir l’origine de l’épidémie. Le limier constate qu’un mélange de cupidité et de laisser-aller a favorisé la transmission de l’a pandémie.

Un peu comme il l’avait fait dans Massilia Aeterna, Loïc Nicoloff s’offre une excursion temporelle, tout en respectant l’esprit de la série. Mêmes personnages, mêmes traits de caractère, même regard sarcastique sur les magouilles politico-financières ; seul le décor change.

Le lecteur a par moments l’impression de se retrouver en terrain connu tant certaines situations évoquent la crise du COVID : confinement, fêtards défiant les règles ou port du masque ; comme quoi les enjeux ont finalement peu évolué en trois cents ans. Ajoutons à cela un médecin dont le visage rappelle celui de l’ineffable Didier Raoult.

Bien que Bubonic et vieilles dentelles soit avant tout une fiction, le récit, bien documenté, est parsemé d’anecdotes sur la crise sanitaire qui a emporté la moitié de la population de la ville. Ce contenu informatif se veut certes intéressant, mais il crée quelques longueurs, au détriment de l’action.

Le dessin « gros nez » de Serge Carrère continue de se montrer à la hauteur. Ses acteurs jouent toujours juste, malgré les exagérations propres au mode caricatural. À l’aise dans l’illustration de ville et de la modernité, il a su démontrer qu’il peut aussi faire dans la bande dessinée historique et offrir une représentation convaincante de la Cité phocéenne, telle qu’elle apparaissait il y a trois siècles.

Au final, le diagnostic est mitigé. Bien que l’humour demeure contagieux, le bédéphile retient surtout qu’il a reçu une dose de rappel sur la peste de 1720. À force d’être didactique, le scénariste finit par confiner son lecteur dans une narration manquant parfois d'air.

Moyenne des chroniqueurs
6.0