Sigi (Arnoux/Morancho) 2. Terra Inca

S ur les hauteurs andines, Sigrid Hässler poursuit son périple automobile et voit, au crépuscule des années 30, ses illusions se heurter à la réalité d’un monde qui, sans encore le savoir, s’achemine vers la Seconde Guerre mondiale.

Deuxième étape péruvienne pour la jeune exploratrice allemande, qui, après avoir traversé les Amériques, se retrouve au pays du Temple du Soleil.

Laissant les États-Unis au cœur de la Grande Dépression, Sigi sillonne désormais les pistes sinueuses et caillouteuses de la cordillère des Andes et découvre le sort réservé, jusqu’en 1930, à plus de vingt-cinq mille Japonais exploités dans les haciendas du pays qui cultivent le coton ou la canne à sucre. À l’évidence, Érik Arnoux ne cherche pas à jouer les agences touristiques, ni à décrire les impressions de voyage d’une ingénue fortunée ; il se focalise plutôt sur des étapes clés et articule son histoire autour d’une thématique sociale forte, avec en arrière-fond les basses manigances orchestrées depuis l’Allemagne. Cependant, malgré un scénario loin d’être idéaliste, l’ensemble ne peut se départir d’un traitement des plus cinématographiques, qui permet à la protagoniste principale d’évoluer en déshabillé de soie sur l’Altiplano ou de s’extraire de manière elliptique de situations périlleuses. La faute en reviendrait presque au trait réaliste et joliment empreint de ligne claire de David Morancho, qui joue une partition graphique toujours aussi précise et documentée mais visuellement (peut-être ?) trop proche de quelques grandes productions hollywoodiennes de l'Entre-deux guerres.

Quoi qu’il en soit, Terre inca, dernier volet en date des quatre qui relateront les aventures de Sigi, est de ces albums qui savent s’appuyer sur un récit solide, mais aussi sur des planches capables de restituer les parfums d’une époque. À apprécier en tant que tel !

Moyenne des chroniqueurs
6.0