Havana Split 2. Tropicana

C onception est en lieu sûr, mais son enlèvement a mis tous les parrains de La Havane en émoi et exacerbé quelques rancœurs qui vont se régler dans le sang et rebattre les cartes. Enfin, pas tant que cela, car une fois les cadavres enterrés et la serpillère passée, la situation n'est pas des plus claires pour autant !

Sur fond de révolution cubaine, Brrémaud et Vic Macioci revisitent Les Tontons flingueurs, mais façon Eminente Reserva et Cohiba Behike 56 !

Deux mesures d'absurde, un doigt de guignolesque, de bonnes rasades de bêtises pures, le tout agrémenté de balles perdues comme s'il en pleuvait et de larges flots d'hémoglobine : tel pourrait se résumer ce nouveau volet d'Havana Split. Car il faut se rendre à l'évidence : il est ici question de bas du front qui flinguent à tout-va, sans se soucier des dommages collatéraux ! Les coups sont légion et les morts avancent en cohortes. Toutefois, que le lecteur se rassure, un semblant de raison subsiste en toile de fond de ce chassé-croisé abracadabrantesque et survitaminé entre mafieux, barbouzes et paumés en tous genres. Vu comme cela, tout ceci peut paraître un tantinet confus, mais Brrémaud semble savoir où il va et cet album apparaît comme une parenthèse qui permet de faire le ménage afin que le récit puisse reprendre un cours plus apaisé… faute de quoi, il ne restera personne pour clôturer l’histoire !

Un rien foutraque, plus que cynique, graphiquement jubilatoire et efficace, sans restriction d'aucune sorte, Tropicana cultive l'opérette sanguinolente et la tragicomédie historique selon une alchimie rare. Cerise sur le gâteau, il offre également aux âmes sensibles une fin alternative plus apaisée (enfin, si l'on veut !).

Moyenne des chroniqueurs
6.0