Another Perfect Day Another Perfect Day suivi de Angus…
P
eu importe la dénomination de sa génération, la musique a toujours été une des toutes premières étapes de son émancipation et de sa construction personnelle. Ce disque tant attendu et acheté avec son propre argent, l’écoute à répétition, soit en solo soit avec des bons potes, afin de s’immerger pleinement. Sans oublier, les inévitables remarques négatives ou exaspérées des autres (comprendre ses parents ou toute autre figure d’autorité). L’identification est totale, les posters apparaissent sur les murs et les concerts suivent… Ça y est, je commence à savoir qui je suis, c’est tout simple, il n’y a qu’à suivre le tempo.
Retour en 2009, Brüno et Appolo ne sont plus des débutants, même si leurs productions n’ont pas encore totalement rencontré leur public. Entre deux tomes de Commando Colonial, ils participent à Nous sommes Motorhead et Rock Strips, des collectifs tournant autour de la bande à Lemmy et du Rock en général. Another Perfect Day raconte une virée fantasmée de deux amis à travers un désert transformée en piste sauvage de course de voitures. Dans Angus in Love, le duo a imaginé une anecdote de tournée du - alors tout jeune - groupe AC/DC. les deux cas ont en commun le gros son et les riffs ravageurs. Ces célèbres formations ont imposé leur rythme et leur urgence aux auteurs. Belles carrosseries, amours impossibles, alcools divers et bastons sont également au rendez-vous, cela va sans dire.
Quinze ans plus tard, Les Rêveurs ont la bonne idée de rassembler ces histoires dans un élégant album à l’italienne. Moins anecdotiques qu’il y paraît, ces petits récits soulignent une passion profondément ancrées chez les artistes et annoncent à leur manière des œuvres à venir. Le trait et les noirs infinis de Brüno sont déjà là, la précision de l’écriture d’Appollo aussi. Comme pour un vinyle, il n’y a que deux faces et la durée des morceaux est relativement courte. Par contre, ce véritable shoot d’adolescence crache ses watts sans distorsion ou fausse note. Résultat, l’invitation est impossible à refuser : «Rock’n’roll Will Never Die».
7.0


