Spectaculaires (Une aventure des) 7. Les Spectaculaires et l'heureux…
L
e Pitre a volé la Joconde. Craignant pour sa réputation, la direction du musée fait appel aux Spectaculaires, une petite troupe de saltimbanques qui arrondit ses fins de mois en menant des investigations rocambolesques et truffées de rebondissements.
Lire un album de cette série, c’est se replonger dans un univers familier et codifié. Pétronille, toujours autoritaire, compose avec son équipe de bras cassés et Pipolet les épaule avec ses gadgets farfelus. Contre toute attente, mais sans réelle surprise, ils arrivent à conclure l’enquête.
Comme les opus précédents, L’heureux tour du pitre prend la forme d’un chapelet de joyeuses péripéties, menant à une conclusion qui, à défaut d’être crédible et réaliste, se montre sympathique. Bien que cette livraison ne se révèle pas la meilleure (il faut plutôt se tourner vers Les spectaculaires prennent l’eau), elle mérite que le bibliophile lui consacre une heure, comme s’il prenait le temps de retrouver de vieux copains. La galerie de personnages fait du reste le charme de cette collection. Les faire-valoir, malgré leurs énormes défauts, sont attachants, probablement plus qu’une protagoniste un peu lisse.
Les textes de Régis Hautière restent à la hauteur. Oscillant entre français normatif et littéraire, avec ça et là une touche d’argot, ils provoquent le sourire. Les cartouches narratifs, au style joliment ampoulé, sont particulièrement réussis.
La série se veut également un hommage à la bande dessinée. Avec leurs gadgets, les justiciers masqués rappellent Batman ; ils sont ici confrontés à un méchant évoquant ouvertement le Joker. De plus, Francis Blake, Jolly Jumper, Rantanplan et Cruella y tiennent des rôles de figurants.
Le dessin caricatural d’Arnaud Poitevin continue de séduire. Les comédiens jouent juste (dans le registre de la farce, évidemment) et le trait, nerveux, traduit l’atmosphère de cette aventure menée tambour battant. Peut-être y a-t-il un certain abus de séquences commençant par de (forts jolies) illustrations présentant des lieux emblématiques (Louvre, Préfecture de police, Hôtel de la Monnaie). Idem pour les gros-plans de portes soulignant l’emplacement où se déroule l’action (Identité criminelle, Cabaret des ombres, Loge des artistes).
Certains affirment que, dans un voyage, la destination compte moins que le chemin parcouru. Découvrir un nouvel album des Spectaculaires, c’est un peu cela. D’ailleurs, au final, le lecteur ne se souvient plus trop de ce qu’il est advenu du célèbre tableau. Et ce n’est pas bien grave.
7.0
