The big Burn The Big Burn

O wen et Carlie se sont rencontrés par hasard lors d’un casse et font équipe désormais. Deux monte-en-l’air de talent et accroc à l’adrénaline. Mettre main basse sur des bijoux et de l’argent facile est agréable, mais c’est vraiment le rush d’outrepasser les règles qui les motive. Évidemment, dans le jeu des gendarmes et des voleurs, il y a toujours un moment où ce sont les pandores qui prennent le dessus. Pris sur le fait et incarcérés, leur aventure va prendre alors un tournant impensable. Satan en personne apparaît. Il leur offre un pacte, le contrat standard que tout le monde connaît. Une petite signature contre la liberté, ça ne se refuse pas et de toute façon, qui y croit encore à ces sornettes d’âme éternelle ? Aussitôt dit, aussitôt fait. Attention, la suite de la fable est habituellement synonyme de tourments. À moins que, peut-être, Méphistophélès ait un coffre rempli de petits secrets compromettants…

Joe Henderson n’en est pas à sa première expérience aux Enfers et il propose avec The Big Burn une mini-série d’action à la frontière des genres. Déjà, ce classique récit faustien est raconté en mode thriller façon Donald Westlake, mais ce n’est pas tout. En effet, à ces éléments assez convenus, le scénariste a épicé sa sauce avec une distribution aux psychologies complexes et multiplie les retournements de situation. Surtout, il n’hésite pas à employer la manière forte avec ses protagonistes. Difficile d’en dire plus sans dévoiler les coups de théâtre au programme. Cependant, attendez-vous à être surpris par certaines révélations et certainement voir vos convictions bousculées. Trahison, culpabilité, fausse joie et victoire à la Pyrrhus, Owen et Carlie vont traverser d’innombrables épreuves tout au long de l’album. L’ensemble est raconté sur un rythme soutenu et animé par des dialogues percutants aux réparties bien senties.

Trait élégant, «casting» digne des meilleures productions d’Hollywood et un découpage inventif, Lee Garbett a parfaitement compris l’ambiance «Gatsby du XXIe siècle» qui habite le scénario. Peut-être moins à l’aise dans l’action pure (les poursuites en voiture, par exemple), il se démarque absolument quand il s’agit de mettre en scène le passé respectif des nombreux personnages peuplant cette riche histoire. Aux couleurs, Lee Loughridge se révèle également efficace et son travail apporte une véritable dimension aux différentes atmosphères dans lesquelles baigne ce conte d’aujourd’hui.

Pas le temps de s’ennuyer tant The Big Burn fonce et recèle de rebondissements ! Totalement cohérent malgré ses audaces thématiques et complètement mené à son terme, il est impossible de reposer l’ouvrage avant sa conclusion. Fin ouverte d’ailleurs, celle-ci annonce d’ores et déjà une suite pas moins extraordinaire. Une excellente lecture pleine d’énergie et de questionnements plus profonds que son allure pourrait le suggérer.

Moyenne des chroniqueurs
7.0