Batman - One Bad Day 8. Gueule d’Argile

L os Angeles. Ville de toutes les ambitions et centre névralgique du cinéma mondial. Bref, l’endroit parfait pour mettre son passé de côté et débuter une nouvelle vie pour qui souhaite être acteur. C’est le cas de Basil Karlo qui a décidé de tourner la page et de quitter Gotham City, à l’autre bout du pays. Son nom est associé à tant de crimes qu’il vaut mieux en changer. Ici, il se fera appeler Clay, tout simplement.

Voilà de quoi réconcilier les amateurs de comics avec Batman – One bad day et leur donner le sentiment d’en avoir à peu près pour leur argent (15€ pour soixante-quatre planches, tout de même). Après une bien belle entame, la série publiée en France par Urban comics avait pris des chemins un peu moins enthousiasmants, proposant des épisodes plus anecdotiques. Pour cet ultime tome, l’équipe créative aux manettes (Collin Kelly et Jackson Lanzing au scénario, Xermánico au dessin et Romulo Fajardo Jr. pour les couleurs) renoue avec la promesse initiale du concept : un récit court profond et ingénieux mettant en scène un super-vilain au cours d’une journée où tout bascule.

Pourtant apparu assez rapidement dans l’univers DC (dans Detective Comics n°40 de juin 1940 précisément), Gueule d’Argile est assez peu aperçu dans les publications dédiées aux aventures de Batman et n’a, par exemple, jamais connu les honneurs de figurer dans un des films consacrés au héros. Il restait donc à imaginer, à inventer. Dans cette histoire, les auteurs explorent l’âme meurtrie du protagoniste métamorphe, star inaccomplie mue par un désir brûlant de succès. Meurtrier, il l’est assurément. Mais, le lecteur ne peut s’empêcher de développer une forme d’empathie pour cette créature quasi immortelle qui ne craint que l’eau. Jouant constamment avec les émotions, l'intrigue s’avère immersive.

Fond et forme sont l’unisson. Les planches sont construites avec une grande habileté et versent parfois dans le spectaculaire. Par essence, sans doute, Clayface est de ces personnages qui offrent de multiples possibilités graphiques et suscitent la créativité. Sans parler de la couverture, remarquable, le trait du dessinateur espagnol, réaliste et précis, est en tout cas particulièrement inspiré. A des séquences épurées succèdent des scènes qui flirtent avec l’épouvante. Un régal.

Fin du tour d’horizon des principaux antagonistes du Chevalier noir, Gueule d’Argile clôt la collection Batman – One bad day telle qu’elle avait commencé : sur une bonne note.

Moyenne des chroniqueurs
7.0