Mattéo 6. Sixième époque (2 septembre 1939…

D e Charybde en Scylla, de Collioure en 14 aux rivages anglais d’un 3 juin 1940, Mattéo traverse la première moitié du XXe siècle de déceptions en désillusions, mais sans cesser pour autant de croire au lendemain…

En 2008, paraissaient les premières planches des pérégrinations d’un jeune exilé espagnol. Jean-Pierre Gibrat entrainait alors ceux qui l’avaient déjà suivis sur Le vol du cordeau ou Le Sursis dans une aventure dont bien peu soupçonnaient qu’elle puisse durer près de quinze années.

Dans cet ultime chapitre, l’auteur parisien referme les portes puis tente de réconcilier Mattéo avec Louis. Sur fond de débâcle, l’un se cherche un fils, l’autre se trompe de père dans ce qui aurait pu être un week-end à Zuydcoote. Les hommes ont inlassablement la mine de l‘emploi, responsables d’un monde à leur image ; les femmes affichent toutes des airs de Madones et apportent la lueur d’espoir et de douceur à des temps tourmentés, mais superbement aquarellés et rehaussés de touches d’encre à l’acrylique. Elliptique, car s’appuyant sur ses prédécesseurs, cet album synthétise à lui seul tout l’art de Jean-Pierre Gibrat, aussi caustique que tendre dans ses dialogues, toujours lumineux et émouvant dans son dessin.

Sixième époque enterre les espoirs d’une Europe qui, sortie de l’Enfer, n’imaginait pas pouvoir connaître pire !

Moyenne des chroniqueurs
7.5