Middlewest 2. Fear

M algré l'attention et la gentillesse de Bobby, Magdalena et de tout le cirque, Abel est toujours sujet à ses crises de rage. Après l'une d'elles, il prend la décision de quitter la troupe pour trouver comment se débarrasser de son mal. Alors que son père, Dale, est toujours sur ses traces, le gamin décide de traverser la forêt Infi sans tenir compte des avertissements de son compère Renard...

Auréolés du prix Jeunesse (catégorie 12-16 ans) du FIBD 2021 pour Anger, Jorge Corona, Jean-François Beaulieu et Skottie Young reviennent avec Fear, le deuxième opus de leur trilogie Middlewest. Dans la continuité du premier acte, les lecteurs retrouvent le jeune héros en proie à ses démons et ses doutes. Sans perdre trop de temps, le scénariste déclenche un nouvel exil pour Abel qui sera prétexte à lui faire parcourir le monde étendu imaginé, ainsi qu'à dévoiler la variété des créatures créées. Cette diversité de décors et de personnages offre à Jorge Corona tout le loisir d'exprimer son talent au dessin : qu'il soit végétal ou animal, chaque élément possède un graphisme affirmé et s'avère original. Apporter au contexte, appuyer une ambiance ou déclencher une situation, chaque ajout, placé avec soin, a une utilité et influe sur l'histoire, ses méandres ou son rythme.

Côté rebondissements justement, l'auteur de I hate Fairyland fait une nouvelle fois preuve de savoir-faire. Qu'ils soient antagonistes ou alliés, les nouveaux personnages apportent en tension ou aident à dévoiler une partie du passé des protagonistes et enrichissent ainsi leur psychologie. Même si la dose de fantastique est plus prononcée, les scènes se succèdent sans trop d'accro et maintiennent l'attention du lectorat éveillée. Les questions, nombreuses, fleurissent sans nuire à l'intérêt et donnent le sentiment que leur réponse liera l'ensemble aisément. Bref, au bout des cent-vingt-deux planches, le voyage est toujours beau, la curiosité bien présente et l'avancée suffisante pour créer l'impatience en vue de l'issue de cette intrigue.

Avec un style et un ton toujours aussi marqués, Fear confirme toutes ses qualités. Mieux, il épaissit l'univers et élargit la trame, tout en restant prenant et passionnant. Tout est donc en place pour la conclusion, en l'espérant aussi aboutie que ces deux premiers albums.

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Lire la chronique du tome 1, Anger.

Moyenne des chroniqueurs
7.0