La vérité nue [La vérité nue]

I ls ont une trentaine d’années et semblent pour la plupart célibataires et sans enfants. Ils subissent leurs petites difficultés au travail et dans leurs amours, parfois c’est la société qui les rattrape. En une centaine de gags, James raconte leur histoire.

La formule demeure simple ; en quatre cases, généralement statiques, un type se fait mettre en boîte. La mécanique est bien huilée, elle divertit et décroche un sourire à l’occasion. Celui qui signe la chronique La sémantique c’est élastique dans La Revue dessinée se révèle particulièrement efficace avec les segments abordant la langue française. Certains clins d’œil à l’actualité (COVID, rectitude politique, technologie ou nivellement par le bas en éducation) font également mouche. Les blagues de couple et de bureau ont pour leur part un air de déjà-vu.

L’artiste adopte un style réaliste animalier et excelle à représenter les faciès d'une ribambelle de bestioles. En exprimant ainsi sa dextérité, il multiplie les acteurs (chiens, girafes, félins, mouettes, kangourous, etc.) qui sont pour la plupart cantonnés à un seul tour de piste. Il apparaît alors difficile de s’attacher à l’un ou à l’autre ou de s’amuser des tics et des manies qui les caractérisent. Les décors se montrent sommaires, mais il n’y a rien là de vraiment dérangeant. Tout se passant dans l’interaction entre les personnages, ce qui les entoure n’est pas vraiment important.

Il est a priori séduisant que chaque planche constitue un univers ; le lecteur se demande tout de même si le projet n’aurait pas gagné à être moins éclaté, plus centré sur un ou quelques enjeux, avec un nombre plus restreint de protagonistes dont la psychologie aurait pu être mieux explorée.

Un livre ancré dans son époque, une sorte de polaroïd de 2020 ; le genre de livre qui s’offre bien en cadeau, même à un non-amateur de bande dessinée. Ces récits minimalistes devraient plaire aux aficionados de Fabcaro.

Moyenne des chroniqueurs
6.0