DCeased

D epuis longtemps, Darkseid caresse le rêve d’envahir la Terre. Que voulez-vous, c’est un méchant et c’est dans sa nature. La Ligue de Justice a néanmoins toujours su sauver la mise. Cette fois le vilain prend cependant les grands moyens : il infecte internet avec un virus transformant les gens en zombies (une critique peu subtile, mais pas vraiment méchante). Tous apparaissent égaux devant le mal, à cette différence que les superhéros deviennent des superzombies. Le salut de l’humanité ne repose plus seulement sur l’habituel trio de démiurges ; une poignée d’antihéros, notamment Poison Ivy, Harley Quinn et Lex Luthor, mettent d’ailleurs leurs savoirs et pouvoirs au service de la collectivité.

Hybrider virus biologiques et informatiques, il suffisait d’y penser. Dans DCeased, Tom Taylor convoque tous les paladins de DC et les invite à participer à une mini-série irrévérencieuse dans laquelle personne n’est épargné, même les plus respectés sont sacrifiés et métamorphosés en bêtes sanguinaires prêtes à dévorer leur prochain. Cette anecdote constituant une parenthèse, l’auteur a carte blanche pour développer un feuilleton en marge de la trame classique de l’éditeur de comics. Mené tambour battant, le projet n’a besoin que de six chapitres pour se conclure sur une triste note, toutefois teintée d’un brin d’espoir. Le résultat est étonnant et rafraîchissant ; l’épisode ne se prend pas au sérieux et provoque fréquemment le sourire. L’histoire présente aussi ses moments touchants, par exemple la mort du père ou les adieux d’un surhomme venant tout juste d’être contaminé.

Alors que la nouvelle est complètement déjantée, la composition demeure relativement conventionnelle : les cases sont généralement alignées et séparées par de larges gouttières fluidifiant la lecture. Cela dit, les guerriers ont souvent tendance à sortir de leurs vignettes, renforçant ainsi l’impression qu’ils tentent (habituellement en vain) de dominer la situation. Le dessin, principalement réalisé par Trevor Hairsine, se révèle efficace ; le désarroi des héros est tangible, les morts-vivants effraient et les scènes de combat et de destruction sont convaincantes.

Un récit décalé à la portée du lecteur qui n’est pas nécessairement familier avec l’univers des Batman, Superman et autres Wonder Woman. Le nombre de personnages qui, pour plusieurs, se contentent d’une courte présence, est tout de même parfois déroutant.

Moyenne des chroniqueurs
6.0