Avec ou sans moustaches

]Misanthrope, Pierre-Jean Rochielle vit seul avec son chien. Trente ans plus tôt, l’ancien acteur s’affirmait comme une des vedettes de Les copains d’abord, une trilogie cinématographique qui a connu un grand succès. Le grognon a cependant coupé les ponts avec ses collègues et reste sourd à leurs appels. Lorsqu’il apprend qu’un quatrième volet est en préproduction et qu’il se fera sans lui, il participe à un concours de sosie pour reprendre, incognito, son propre rôle. Ses partenaires sont dupes… ou pas.

Le scénario de Nicolas Courty a des allures de boulevards : des personnages généralement attachants aux caractères contrastés, des quiproquos, puis, comme il se doit, des révélations surprenantes. Le récit demeure dans l’ensemble sympathique, les vieux sont charmants, mais le fil narratif finit par s’étirer. Pour tout dire, certaines scènes auraient facilement pu être raccourcies, pourquoi pas ces nombreux segments de chansons, pour la plupart anglo-saxonnes, qui apportent assez peu à cette intrigue franco-française. La conclusion, en forme de réconciliation avec la nouvelle génération, se révèle pour sa part plutôt habile.

Le dessin caricatural d’Efix colle au propos. Le jeu des comédiens se montre naturellement excessif ; les joies, les colères et les coups de cafard sont tous nettement exagérés et soulignés à grands coups d’onomatopées. Il n’y a pas de place pour la subtilité et c’est très bien comme cela. La composition est dynamique ; alors qu’il aurait pu privilégier des cases de dimensions égales comme des écrans de cinéma, l’artiste change constamment les formes et les formats. En fait, il y a une constante, pratiquement chacune des pages accueille une vignette pleine largeur marquant une pause dans cet univers joyeusement hystérique.

Un album sans prétention, qui sent bon la nostalgie. À recommander aux amateurs de Jean Rochefort, Philippe Noiret et Sabine Azéma.

Moyenne des chroniqueurs
7.0