Donne-moi des Ailes Donne-moi des ailes

T homas est un ado typique, dont la pyramide des besoins culmine avec une couverture 4G et un réseau WiFi au top. Lorsqu'il est contraint de passer quelques semaines chez son père, scientifique rêveur et idéaliste, il n'est guère enthousiaste. Ce dernier habite en pleine cambrousse et n'a jamais été capable de nouer une relation avec son fils. De plus, il est complètement accaparé par un projet fou : sauver une espèce d'oies en voie de disparition. A la surprise de tous, Thomas, passée une phase d'agacement et d'incompréhension, se passionne à son tour pour ces oiseaux et s'implique de plus en plus dans cette entreprise.

Cette bande dessinée est l'adaptation éponyme du film de Nicolas Vannier (Belle et Sébastien), lui-même fortement inspiré de la vie de Christian Moullec, pionnier du vol en ULM avec les oies sauvages. Autant dire que le lecteur est face à un récit familial qui ne recule devant rien. Aucune violence, aucun mauvais esprit, dans la veine d'un épisode de Joséphine Ange-Gardien. Le ciel est bleu, le monde est beau et un rêve n'est jamais impossible pour qui a la force d'y croire.

Cela dit, il faut reconnaître une certaine maîtrise. Si les obstacles qui se dressent sur la route des héros sont parfaitement prévisibles et que l'issue ne fait guère de doute, l'ensemble fonctionne plutôt bien. Cet album est clairement un travail de commande. Il se plie aux exigences de l'exercice, à savoir transposer en bande dessinée le plus classiquement possible un produit déjà ultra-formaté à la base . La réalisation par Steven Lejeune (Trop de bonheur) se révèle très plaisante et le résultat remplit plus qu'honorablement son office.

Reste que condenser une séance de cinéma de près de deux heures en quarante-six planches peut difficilement déboucher sur un album tout à fait convaincant. La mise en place est proportionnellement trop longue, amenant à un dernier acte un peu expédié, alors qu'il correspond vraisemblablement au morceau de bravoure du long métrage. Cela renvoie à la question de l'utilité profonde de ce genre de publication. Elle est globalement assez réussie, mais à quoi bon ?

Moyenne des chroniqueurs
5.0