Alfred Hitchcock 1. L'homme de Londres

G énial metteur en scène, maître du suspens… Alfred Hitchcock a incarné le cinéma à travers tout le XXe siècle. De ses débuts au temps du muet aux thrillers sur fond de Guerre froide, il a écrit, produit et réalisé une soixantaine de films dont les classiques, parmi tant d’autres, L’homme qui en savait trop, Psychose, Les oiseaux, Fenêtre sur cour ou Vertigo. Travailleur acharné, perfectionniste et même farceur, il a collaboré avec les plus grands acteurs et les plus belles actrices. Son œuvre colossale continue d’être révérée aujourd’hui et d’être inlassablement analysée par les exégètes du Septième Art.

Côte d’Azur, 1954. Hitch et Cary Grant discutent après une journée de tournage de La Main au collet. La température est agréable et le vin est bon, un Alfred détendu ose quelques confidences sur son passé. Son enfance et sa découverte du théâtre et des images animées, sa relation difficile avec son physique, son premier boulot comme graphiste chargé des inter-titres et, petit-à-petit, sa progression dans le métier qui allait le voir devenir, à vingt-huit ans seulement, le réalisateur le mieux payé d’Angleterre. Ces souvenirs truffés d’anecdotes s'avèrent passionnants à suivre, malgré une mécanique narrative se montrant rapidement répétitive et peu inspirée. Très, voire trop, appliqué, Noël Simsolo se limite à aligner les faits sans fioriture ou un quelconque point de vue. Certes, le caractère unique de son sujet et les péripéties des pionniers du cinéma se suffisent à eux-mêmes, mais un peu plus d’inventivité ou de nerf n’aurait pas été de trop pour donner du relief à l’ouvrage.

Graphiquement, Dominique Hé a également choisi de rester en retrait avec une approche tellement épurée qu’elle en devient impersonnelle. De plus, comme les portraits ne sont pas exactement sa force, les personnages oscillent entre le vaguement ressemblant et la caricature empruntée. L’austère habillage en niveaux de gris n’ajoute pas plus d’entrain à l’album. Heureusement, la lisibilité est excellente et permet une lecture aisée, à défaut d’être réellement agréable.

Biographie consciencieuse, mais plutôt terne et sans véritable touche personnelle, L’homme de Londres se limite au minimum et n’apporte aucune réelle plus-value ni regard neuf à cette existence au service du grand écran. Suite et fin dans Le maître de l’angoisse, second tome narrant le pan américain de la carrière du cinéaste.

Moyenne des chroniqueurs
5.0