Les royaumes de Feu 1. Tome un

L a prophétie est formelle, cinq dragonneaux mettront fin à la guerre qui ravage le royaume de Pyrrhia et décime ses différents peuples. Depuis des décennies, ce conflit sanglant oppose trois sœurs, Fournaise, Flamme et Fièvre qui se disputent le trône des Ailes de Sable. Chacune a tissé des alliances avec d'autres clans, aucune ne souhaite voir la prédiction se réaliser. Argil, Tsunami, Comète, Sunny et Gloria, les jeunes dragons, cachés dès leur naissance et élevés en secret, vont devoir affronter mille dangers avant de voir s'accomplir leur destinée.

Série à succès comptant à ce jour onze volumes (en version française), Les royaumes de feu sont nés sous la plume de Tui T. Sutherland. Annoncée dès la sortie, sa version bande dessinée est confiée à Mike Holmes (dessins), et Maartha Laiho (couleurs), pour la partie graphique, et Barry Deutsch pour l'adaptation, le tout sous la houlette de l'autrice elle-même. Les deux premiers tomes sont proposés aujourd'hui par l'éditeur historique, Gallimard, dans sa collection BD jeunesse (Margo Maloo, Les Légendes de la Garde).

Que les fans se rassurent, la trame, qui a fait le succès de la saga, est entièrement reprise, chaque tome correspondant à son roman respectif. L'univers, entièrement fantasy et (quasiment) dépourvu d'humains, le contexte - guerre pour le pouvoir oblige - est violent, mais l'espoir et la volonté des héros de amener la paix en sont le moteur. Délaissant la schéma narratif des livres, Barry Deutsch réalise un travail conséquent en gardant la sève de l'intrigue et sa fluidité. Il en restitue à merveille le côté épique, ses forts accents de quête initiatique, tout en s'appuyant sur des bestioles attachantes.

Paradoxalement, alors que les personnages sont rapidement caractérisés, le trait de Mike Holmes s'avère déroutant. S'il est fluide et parfaitement lisible dans son ensemble, lors des combats et des scènes aériennes notamment, la morphologie des héros prête parfois à confusion, surtout lorsque leurs couleurs dominantes sont proches. Ce bémol pourrait sembler anodin, mais la pléthore de dragons et de races nécessite, surtout au vu de la cible, des distinctions plus marquées pour ne pas nuire à l’immersion. Cette sensation est en partie compensée par un découpage efficace, une bonne dose d'humour et de nombreux retournements de situation, des surprises et des trahisons qui accroissent le suspense à mesure que les pages défilent.

Si elle n'a rien d'indispensable, cette adaptation a le mérite d'élargir le public potentiel d'une saga qui possède tous les ingrédients pour conquérir les lecteurs. Pour ceux qui pardonneront les errements graphiques, il est à parier qu'ils seront embarqués dans une aventure pleine de rebondissements, pour les autres, les romans sont disponibles.

Moyenne des chroniqueurs
5.0