Les croques 2. Oiseaux de malheur

L e jeu de piste proposé par Poussin, le graveur, a mené Céline et Colin vers une drôle de découverte. Avec ce qu'ils ont eu, il est trop tard pour faire machine arrière. Ils doivent comprendre ce qu'il se passe, même s'ils doivent le faire seuls.

Tuer le temps avait installé le cadre et décrit l'ennui de la fratrie avant de lancer une aventure au suspense grandissant. Oiseaux de malheur enfonce le clou et fait encore grimper la tension. Haletant et mystérieux, il n'en est pas pour autant violent et opaque. Léa Mazé replonge d'entrée ses lecteurs dans une ambiance sombre, à la suite directe des événements du premier opus. La situation des enfants accapare tout de suite l'attention et l'autrice utilise, à contre-emploi, son dessin expressif pour ne pas basculer dans angoissant à outrance. Son trait dynamique et vif possède juste ce qu'il faut de prenant pour replonger au cœur d'une intrigue qui ne relâche pas la tension.

Avec ses soixante-huit planches, ce deuxième acte, aussi copieux que le premier, fait progresser l'enquête à coups de découvertes, fausses pistes et rebondissements. Un scénario malin et retors qui montre de jeunes héros de plus en plus esseulés et dévoile un danger bien plus alambiqué qu'ils ne le pensaient. La conteuse s'appuie sur un découpage sobre et bien pensé, qui colle au rythme de chaque séquence, et des dialogues très justes pour garantir une belle lisibilité et une immersion constante. De quoi frissonner en découvrant la dernière planche !

Avec Oiseaux de malheur, Léa Mazé persiste et signe. Les croques se révèle un thriller tous publics prenant et rondement mené. Tout est en place pour le Bouquet final, la conclusion, qui ne sera à rater sous aucun prétexte !

Lire chronique du tome 1.

Moyenne des chroniqueurs
8.0