FRNCK 5. Cannibales

L e volcan est entré en éruption. Franck, Léonard et Gargouille s'en sont sortis... Enfin, pas tous dans la même temporalité. Pour l'orphelin, il va falloir expliquer aux autres membres du groupe ce qui est arrivé et où sont passés ses deux compères. Pas sûr que ce soit si simple... Ah... « la préhistoire, c'est NUL ! »

Moins d'un an après la conclusion épique d'un premier cycle rondement mené, Brice Cossu (dessins), Yoann Guillo (couleurs) et Olivier Bocquet (scénario) remettent le couvert. Suite directe d'un quatrième tome où l'action, les révélations, l'humour et l'émotion se mélangeaient avec bonheur, Cannibales n'est pas en reste. Après une analepse habile et bienvenue pour les nouveaux lecteurs, les auteurs ne laissent guère Franck souffler. Rencontre étonnante - voire un poil déstabilisante... -, mise à l'écart du groupe, faune préhistorique toujours aussi dangereuse et de nouveaux protagonistes peu accueillants, le menu est copieux et, pourtant, cela marche !

Il convient d'avouer que le cocktail proposé par l'équipe est savoureux. Grâce à son trait vif, à une mise en scène savamment étudiée (la page 50 est une merveille de vitesse et de mouvement) ou par l'usage d'un découpage serré, Brice Cossu accentue un rythme souvent effréné. Ses bouilles aux expressions ce qu'il faut d'exagéré font mouche aussi bien que les répliques piquantes et drôles imaginées par Olivier Bocquet. L'intrigue se déroule avec fluidité grâce à des personnages attachants soumis à moult rebondissements. Bien dosés, ces derniers apportent ce qu'il faut de surprise à une aventure qui n'en manquait pas. Les changements des décors et d'ambiance, que le travail effectué par Yoann Guillo à la colorisation met parfaitement en valeur, soulignent la tension et le flot de sentiments qui traversent Franck, Kenza et leur petite troupe jusqu'à l'ultime vignette au joli suspense...

Bien loin de tirer sur la corde, ce nouvel opus ouvre quelques pistes quant à la suite de l'intrigue et délivre des clés supplémentaires sur certains protagonistes. Un deuxième cycle qui démarre en trombe et prouve, au besoin, que le trio d'auteurs n'a pas fini d'étonner avec leur adolescent si attachant.

Moyenne des chroniqueurs
8.0