Korokke et la fille qui a dit non

A nzu, issue d'une famille de la caste des samouraïs, accompagne régulièrement son grand père chercher des simples pour tenter de guérir Hanako, sa grande sœur malade. Elle découvre un univers magique, fait de kappa et autres yokaï. Hélas, sa vie bascule le jour où le chef de famille meurt et que son alcoolique d'oncle vend le nom et le titre au clan Batto. Avide de pouvoir et géré par d'abominables marâtres, ce dernier contraint Hanako à épouser l'ignoble héritier et réduit la petite Anzu à l'état de domestique. L'aînée, se montrant trop fragile pour procréer, les Batto décident de la tuer et de marier la cadette. La jeune fille refuse et s'enfuit en quête du célèbre oni Korokké, héros de mille légendes épiques, qui, lui seul, pourra la sauver.

En un mot : superbe. La première référence qui vient à l'esprit sont les films de Miyazaki et particulièrement tout le bestiaire du Voyage de Chihiro. Avec une narration parfois muette et un graphisme rond et coloré, les auteurs offrent une œuvre poétique et délicate, un hommage réussi aux contes shinto. Un bémol cependant, les séquences sans dialogue peuvent dérouter en n'offrant pas facilement les détails comme les liens de parenté au sein de la famille Nakamura. L'incompétent qui ruine son clan pourrait tout aussi bien être un père ou un frère plus âgé, plutôt qu'un oncle. Et la physionomie des Batto laisse présupposer une origine surnaturelle. Chacun pourra donc interpréter l'histoire et y donner une saveur différente en fonction de ce qu'il voit. Les participants ne s'y sont guère trompés en finançant le projet à 127% sur Spaceman, la nouvelle plateforme de financement participatif à vocation européenne, spécialisée en bande dessinée.

Une perle tout public à ne pas rater. Et un éditeur à suivre de près.

Moyenne des chroniqueurs
8.0