Les enfants de la colère 1. Les enfants de la colère

L es ressources naturelles de la planète Aegis font des envieux, à commencer par la Confédération des États du Nord qui n'a aucun scrupule à employer les grands moyens pour se les accaparer, quitte à envahir et à tuer ! Il est temps que ces régions sous-développées défendent leurs territoires et leurs richesses. La rébellion va prendre forme grâce à un petit groupe de "méchas-niciens" en herbe qui vont devoir fabriquer puis conduire des robots géants. Mais est-ce bien raisonnable de confier cette mission à des enfants ?

Couverture vue et échantillon de planches feuilletées à la va vite, histoire d'avoir un aperçu et une première impression globale, que déjà surgissent des préjugés envahissant la matière grise du potentiel lecteur. La multitude de machines qui rappellent leur ancêtre Goldorak, ainsi que ces tous gosses surdoués, paraissant infaillibles et semblables à ceux de l'univers Marvel, peuvent, de prime abord, contribuer à rebuter une partie des bédéphiles. Stop ! Chassez ces opinions fabriquées, car il suffira juste de s'enfoncer dans le début de l'album pour prendre conscience de la méprise et pour que toutes ces idées préconçues soient balayées en deux temps trois mouvements. Foi de chroniqueur impartial, Damián (Blechkoller, Genpet) a su intelligemment affranchir son scénario des stéréotypes et caractéristiques propres aux super-héros américains. Dans un monde fictif, une poignée de jeunes gens revanchards, braves, mais loin d'être invulnérables, se dressent contre la Confédération des États du Nord, un ennemi puissamment organisé et équipé. Alors, quoi de plus efficace que de tenter de les combattre en utilisant des répliques de leurs propres matériels ? La ruse ? Aussi, oui.

Caricatural et rythmé, le trait de Nico Naranjo (Les Croisées du temps) ne cherche pas à atteindre l'élégance. Les dessins des «méchas», ces mastodontes de fer bourrés de technologies guerrières et futuristes, de même que les silhouettes et physionomies des protagonistes, oscillent entre le design manga et la bande dessinée destinée aux adolescents. Cette entrée en matière, dont l'épilogue est prévu dans le prochain et dernier tome, est auréolée d'un panel de couleurs vives, permettant de mieux basculer dans l'intrigue.

Conçu pour séduire la jeunesse, ce premier ouvrage de science-fiction est suffisamment armé pour aller frapper et coloniser un public un peu plus tatillon.

Moyenne des chroniqueurs
6.0