Le fils de l'Ursari Le fils de l'ursari

M ica a rendu l'âme en expirant bruyamment un dernier nuage de fumée grise : plus de camionnette pour sillonner les routes et gagner sa croûte ! La famille de Cyprian se retrouve donc bloquée à Tamasciu pour récolter quelques sous grâce aux talents de chacun notamment... la fauche. Malheureusement, l’aîné Dimitri s'est fait prendre. Seule solution pour éviter les ennuis : partir à Paris, avec en prime, des dettes aux passeurs. Déracinés, redevables, il va falloir tenir le coup, les subir et en donner parfois. Le courage et l'ingéniosité du petit rom suffiront-ils pour s'en sortir ?

Tiré du roman de Xavier-Laurent Petit, le récit adapté par Cyrille Pomès oscille entre conte moderne et réalité. Si les quelques facilités dans l'intrigue et un côté sombre volontairement minimisé permettent une lecture pour les plus jeunes, les adultes apprécieront également l'universalité des thèmes et l'angle original sous lequel ils sont abordés. À travers le regard de l'enfant, la qualité du texte dégage une réelle force émotionnelle, distillée sans misérabilisme, mais avec innocence et espoir. Aux problèmes lourds des migrants, du racket et du racisme se mêlent des sujets inattendus et légers comme les échecs. Le personnage du garçon apporte un joli vent de fraîcheur avec son caractère solaire : volontaire, bienveillant, curieux, il a tout d'un homme bon.

Le graphisme parait brouillon de prime abord, avec un trait lâché, tremblotant et caricatural cependant, la spontanéité du style d'Isabelle Merlet accorde légèreté et un brin d'humour qui permettent d'alléger le contexte de l'histoire.

Peut-être trop beau pour être vrai, néanmoins, une dose d'espoir et d'optimisme ne sera jamais de trop. Le fils de l'ursari offre le portrait d'un môme attachant dans un milieu difficile. Une agréable surprise.

Moyenne des chroniqueurs
6.7