Green Class 1. Pandémie

D e retour de quinze jours dans le Bayou, six jeunes Canadiens découvrent avec incrédulité que le monde est en train de changer radicalement. En proie à une épidémie aussi fulgurante que dévastatrice, l'humanité panique et les autorités de chaque pays se voient agir dans l'urgence. Pour les adolescents, le temps presse, ils ne veulent qu'une chose : rentrer au plus vite, sains et saufs, chez eux. Mais le trajet s'avère bien plus rude et la tâche bien plus ardue qu'ils ne le pensaient...

Le survival post-apocalyptique, comme le western il y a peu, a visiblement le vent en poupe. À croire que les éditions Paquet et leur réussi Gung Ho ont fait des émules ; après Glénat avec Kidz, c'est maintenant au Lombard de s'attaquer au genre avec Green Class. C'est via les réseaux sociaux que Jérôme Hamon (Nils, Emma et Capucine) a pris contact avec David Tako. Ayant été séduit par certaines de ses illustrations et une première collaboration sur une histoire courte du Marsupilami, le scénariste eut envie de travailler à nouveau avec l'artiste. Ensemble, et à partir de dessins enrichis via l'Inktober, ils ont posé les bases de cette histoire d'anticipation dans la droite lignée des films catastrophe comme I am a legend, Le Fléau ou 28 jours plus tard.

Dès l'introduction, le ton est donné et le lecteur plongé dans le vif du sujet. Les échanges, débridés et parfois cinglants, entre les jeunes héros sonnent tout de suite juste et leurs relations sont crédibles. Tout en posant le contexte de leur retour à la civilisation et ce qu'ils y découvrent, les auteurs les caractérisent autant visuellement que psychologiquement. Leur situation exceptionnelle engendre rapidement une anxiété et une urgence qui augmentent l'intérêt. Grace notamment à une mise en page, découpage comme cadrages, faisant ressortir le stress et le dynamisme des séquences, le trait du dessinateur fait mouche. Un style élégant, semi-réaliste très abouti, accompagné d'une colorisation aux tons chauds qui restitue avec force la tension des ambiances de fin de monde.

Si l'enjeu est rapidement connu et le dilemme révélé, l'essentiel réside plutôt dans l'évolution et les choix que feront les adolescents. La construction de l'intrigue repose en priorité sur ces personnalités fortes mais attachantes. Espérer, tenter, se tromper, changer d'avis, paniquer ou foncer, tout est envisagé. Jérôme Hamon ne leur épargne aucune épreuve dans une aventure qui tourne au cauchemar. Leurs progressions autant que leurs sorts rendent la lecture passionnante et l'immersion totale.

Enfin, mention spéciale pour le beau travail d'édition du Lombard qui, pour un prix réduit, gratifie le futur acheteur d'un album à la couverture à la texture travaillée et à la pagination généreuse.

Un début en fanfare que ce Pandémie. Avec une identité graphique forte et une efficacité flagrante, difficile de résister et ne pas plonger aux côtés de Beth, Noah, Sato et les autres et attendre avec impatience les réponses aux questions posées.

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Moyenne des chroniqueurs
8.0