La coupe du monde de pâtisserie La Coupe du monde de pâtisserie

P ar un petit matin froid, Julien, Lazare et Sangwoo, levés aux aurores, prennent possession de leur carré dans le vaste hall d'exposition lyonnais qui accueille la coupe du monde de pâtisserie. La concurrence s’annonce rude avec, en face, les équipes japonaise, états-unienne ou encore mexicaine. Mais le trio, entraîné depuis un an, se retrousse les manches et ajuste les tabliers. Devant eux, dix heures en cuisine pour élaborer entremets, desserts et pièces artistiques autour du sucre, de la glace et du chocolat. C’est parti !

Les 27 et 28 janvier derniers, Lyon accueillait la trentième finale d’une épreuve gastronomique réputée mettant à l’honneur la pâtisserie sous diverses formes*. Pour commémorer cet incontournable rendez-vous des toques expertes en douceurs, Glénat vient tout juste d’éditer un album sur cette compétition. En soi, l’idée est louable puisqu’elle propose de découvrir cet univers et que le cahier en fin d’ouvrage apporte de nombreuses informations et photographies permettant de prolonger l’immersion.

Toutefois, l’art de restituer une telle épreuve n’est pas simple. Clothilde Bruneau au scénario, ainsi que Christine Chatal et Isa Python au dessin s’attellent à cet exercice délicat en visant à le rendre le plus vivant possible. Le résultat est mitigé. La tension propre à ce genre d’événement d’envergure internationale transparaît çà et là, tandis que le suspens est ménagé à la façon des meilleures émissions culinaires de télé-crochet, sans pour autant parvenir à réellement émouvoir le lecteur. Il faut dire que les trois challengers ne sont pas vraiment présentés et qu’il n’est donc pas évident de s’y attacher, malgré les quelques retours en arrière qui parsèment l’histoire et qui tournent presque tous autour du concours. Le graphisme, appuyé par la colorisation de Scarlett, est à l’avenant. Le trait typé manga du tandem de dessinatrices se révèle expressif et les différents protagonistes bien caractérisés. Net et aéré, le découpage assure une bonne lisibilité, mais contribue par ailleurs à souligner que les décors restent assez chiches, car, malgré la présentation alléchante des créations gastronomiques du trio, les plans de travail, eux, s’avèrent plutôt vides.

Fleurant l’œuvre de commande, La Coupe du monde de pâtisserie peine à enthousiasmer. Une fois lues les dernières pages et admirées les photographies de quelques admirables desserts, œil et papilles devront trouver ailleurs de quoi se régaler et satisfaire leur appétit.

* Cette édition 2019 a été remportée par la Malaisie.

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