L'assistante de la Baba Yaga L'Assistante de la Baba Yaga

C ette fois, pour Masha, la coupe est pleine ! Son père, veuf, vient de lui présenter sa nouvelle compagne et sa fille qui se comporte comme une peste. Lui qui ne lui a jamais accordé beaucoup de temps, semble maintenant en trouver pour les nouvelles venues. Ayant également perdu la grand-mère qui l’a choyée et élevée, Masha ne se sent plus à sa place ; elle décide donc de partir et de répondre à l’annonce de la sorcière Baba Yaga qui cherche une assistante. Seulement, l’entretien d’embauche ne s’annonce pas des plus faciles ! Déjà, il va falloir parvenir à entrer dans la maison, cette dernière ne se montrant pas spécialement coopérative.

Au menu du lancement de la nouvelle maison d’édition française Kinaye, dont l’objectif est de proposer des bandes dessinées américaines à destination de la jeunesse, un récit initiatique aussi joli que distrayant. L’assistante de la Baba Yaga, sélectionné aux Eisner Awards 2016 dans la catégorie « Best Publication for Kids », est construit sur des bases classiques mais se distingue par la qualité de son propos et son attrait graphique.

À la narration, Marika McCoola fait preuve d’une belle intelligence et de sensibilité. Son héroïne, pas épargnée par les difficultés, ne sombre jamais dans l’apitoiement, bien au contraire. Elle affronte les épreuves en choisissant de faire face. Puisant dans le savoir des anciens (l’éducation de sa grand-mère, les légendes qu’elle a lus), elle va puiser dans ses ressources pour s’accomplir. Les messages (la famille, la transmission du savoir, l’opiniâtreté devant les embûches) sont diffusés avec une bonne dose d’humanisme et de pertinence, sans aspect moralisateur.

Au dessin, Emily Carroll livre de très belles planches sur des tons pastel. Alternant une mise en scène « classique » et des pleines pages rappelant les livres illustrés, elle change habilement de style graphique et de colorisation lors des passages où Masha se souvient de son aïeule et de ses lectures d’enfance, adoptant également des encadrements rappelant les livres anciens. L’ensemble est extrêmement séduisant et d’une grande lisibilité.

Remarquablement construit, L’assistante de la Baba Yaga a le charme et la nostalgie des contes anciens, auxquels il est plusieurs fois fait référence, tout en introduisant des thématiques modernes.

Moyenne des chroniqueurs
7.5