Le loup en slip 3. Le loup en slip slip hip hip !

C omment ? Vous n'êtes pas encore installé le long du parcours pour assister à la course « Rapide et Furieux » ? Dépêchez-vous d'aller rejoindre les nombreux spectateurs qui piaffent d'impatience à l'idée que le départ soit donné, car comme chaque année le spectacle promet d'être palpitant. Mais avant cela, il faut que le responsable des actes de vandalismes commis sur les affiches de l'épreuve soit mis hors d'état de nuire. Soyez tranquilles, si la brigade anti-loups et anti-tout a été décimée par une « bête férofe », c'est le loup en personne qui est chargé d'identifier le coupable. Pourvu qu'il ne se fasse pas lui non plus débarbouiller le museau.

« Me chauffe pas ou tu manges... une tarte aux phalanges. » Gru-mo

Wilfrid Lupano, (L'Homme qui n'aimait pas les armes à feu, Traquemage) véritable Jean de La Fontaine du XXIème siècle et de la bande dessinée, dispense une nouvelle fable qui ravira les 7 à 77 ans. Spin-off des Vieux fourneaux dont il est également l'auteur, la troisième représentation théâtrale de la petite fille de l'un d'entre eux peut débuter. Le rideau se lève sur une forêt en effervescence et ses habitants excités à l'idée de voir et encourager les concurrents d'une célèbre compétition populaire, mais perturbée par un énergumène déterminé à manifester son mécontentement. Aux grands maux les grands remèdes, plébiscité par le peuple des bois, le héros inoffensif aux crocs acérés (au cas où quand même...) devra ce coup-ci baisser son slip fétiche et se mettre à poil pour parvenir à ses fins ; car finalement comme le dit l'expression : « c'est quand on parle du loup qu'on en voit la queue », ou presque... Sur des textes brefs proches de la prose, il y a, au-delà d'une intrigue sympathique mais lue beaucoup trop vite, un scénario qui, comme auparavant, dispense des réparties savoureuses et surtout son lot de morales, à commencer par la fameuse devise de Pierre de Coubertin.

Les illustrations de Mayana Itoïz restent dans la continuité des deux albums précédents, parvenant à séduire et faire sourire toujours autant. Représentés avec des galbes exagérés, qu'ils soient blaireaux, cochons, ou renards, les gueules des gentilles bestioles demeurent caricaturales, expressives voire candides mais toujours avec dérision. Une des forces de l'auteure c'est d'avoir étalé ses scènes, allant jusqu'à s'emparer de pages entières lui permettant ainsi de pouvoir y glisser une foule de détails humoristiques. Le choix et l'utilisation de belles couleurs claires et variées, juxtaposées les unes aux autres, apportent une dimension supplémentaire.

L'envie irrésistible de se jeter une nouvelle fois dans la gueule du loup est grande et intacte. Pour sa troisième rencontre avec la bête, le lectorat pourra s'écrier : Slip hip hip Hourra !

Moyenne des chroniqueurs
7.0