Winter station

S ierra Nevada, comté d'Alpine. Le promoteur l'assure, après les gros travaux de rénovation de la station hivernale, la vallée rayonnera d'attractivité : remontées mécaniques, domaine skiable aménagé, hébergements de standing, restauration de très haute qualité et animations variées pour tous. À n'en pas douter, Winter station apportera un nouvel essor économique à la région. Mais avant que les touristes ne déboulent en nombre, c'est le shérif et ses adjoints qui doivent chausser les raquettes à la recherche d'un tueur en série particulièrement barbare. Qui est-il et pourquoi se focalise-t-il sur Lisa, la jeune administratrice de biens, envoyée à 2.000 mètres d'altitude afin de sonder la viabilité de ce programme immobilier ? La piste rouge pourrait n'avoir jamais aussi bien porté son nom !

Le scénario de Christophe Bec (Sanctuaires - Carthago) ne s'attarde pas sur les enjeux d'un projet immobilier et ses méandres, mais va à l'essentiel en se concentrant sur les investigations menées dans la traque du criminel et ses mobiles. Habilement, l'auteur parvient, grâce à quelques subtiles déviations, à brouiller les pistes et semer dans les esprits une confusion saine et bénéfique à l'immersion. Réaliste, le trait de Cristi Pacurariu (AssassinsSaliman le magnifique) aurait pu être beaucoup plus précis qu'il ne l'est, la faute certainement à un découpage perfectible et des cases trop riquiqui. Conséquence, ce sont les bouilles de la plupart des personnages qui en pâtissent, car, dépourvues d'expressions, elles finissent par se ressembler et, par moments, prêtent à confusion. Le noir et blanc ainsi que le format comics de ce one-shot, ne fournissent pas non plus l'atmosphère escomptée puisque les notions d'angoisses et sentiment d'oppression ne parviennent pas à se dégager et être ressentis à leurs justes valeurs.

Pourtant biens accrochés aux basques du psychopathe, les enquêteurs en herbe ne pourront que regretter quelques défauts suffisamment préjudiciables pour les priver de ce qui aurait pu être un très bon moment de lecture.

Moyenne des chroniqueurs
6.0