Ira Dei 1. L'Or des caïds

H arald, le bras droit du général Maniakès chargé de ramener la Sicile sous autorité byzantine, est sous pression. Son supérieur le somme de prendre Taormine au plus vite afin de pouvoir concentrer l’ensemble des troupes sur le siège de Syracuse. Essuyant échec sur échec, il consent à accepter l’aide d’un mystérieux mercenaire normand. Celui qui se fait appeler Tancrède affirme pouvoir faire tomber la ville en trois jours. Mais le plus étrange, c’est le lien qui l’unit à Étienne, un moine qui lui a confié une mission pour l’Église.

La nouvelle production du duo Brugeas/Toulhoat était attendue tant il a imprimé un style dans ses précédentes œuvres. Inutile de ménager le suspense : c’est une réussite. Dans ce premier tome, le lecteur retrouvera – ou découvrira – tout ce qui fait leur force jusqu’à présent. Tout d’abord, cette capacité à proposer des histoires rythmées, pleine de bruit et de fureur, sans pour autant négliger la contextualisation. Le cadre de l’aventure est ainsi bien posé et même plutôt dense, en particulier dans les premières pages (enfin pas de quoi perturber avec un minimum d’attention). Le potentiel pour développer des intrigues hautes en couleurs est réel. Il en est de même pour les personnages de Tancrède et Étienne qui sont vite mais bien caractérisés. Leur relation, alimentée par de judicieux flashbacks, est pour le moins intrigante.

L’autre point fort est le graphisme de Ronan Toulhoat qui s’exprime ici sur un grand format. Dans sa volonté d’offrir fluidité et exaltation aux scènes d’action, il réalise à nouveau une prestation remarquable. Mais il n’y a pas que dans le combat physique que naît la tension et l’artiste arrive parfaitement à la faire jaillir dans les moments plus apaisés de confrontation – dans le sens où aucun ne perd une partie de sa personne – entre les différents protagonistes.

Avec ce dessin si évocateur et cette narration précise et acérée, Ira Dei est bien né.

Moyenne des chroniqueurs
6.5