Filles des oiseaux 1. N'oubliez jamais que le seigneur…

A nnées 1960. Thérèse, fille d’agriculteurs en Normandie, a préféré aller en pension afin d’échapper à l’ambiance familiale plombée par un père agressif et porté sur la bouteille. Elle y rencontre Marie-Colombe, issue d’une famille (très) bourgeoise de Neuilly. Malgré leurs différences, elles deviennent vite inséparables et font tourner en bourrique les sœurs de l’établissement. L’une comme l’autre ne semblent pas vraiment réceptives à la stricte éducation dispensée aux Oiseaux, qui vise à former de futures épouses et mères au foyer…

Florence Cestac s’inspire de ses propres souvenirs au sein de l’authentique Pension des Oiseaux pour composer une belle histoire de complicité avec son impertinence habituelle. Si Thérèse s’avère un peu niaise concernant les choses de la vie, Marie-Colombe ne compte pas laisser les bonnes sœurs l’empêcher d'en profiter.

Les frasques du duo sont assez jouissives, bien que l’histoire réserve également des événements dramatiques. Mais c’est tout l’art de cette grande personnalité de la bande dessinée de raconter les vicissitudes de la vie, sans se départir de sa bonne humeur et de son dessin reconnaissable entre mille. Son style graphique porte l’intrigue avec spontanéité et efficacité, même s’il est cette fois nuancé par les tons sépia façon vieilles photos de famille.

Filles des Oiseaux reprend les thèmes chers à l’autrice tels que l’émancipation de la femme et un anticléricalisme certain (appuyé par la préface de Jean Teulé), à travers le témoignage s'appuyant sur le quotidien d’une autre époque, au caractère universel.

Si les fans de Florence Cestac seront comblés à la lecture de Filles des Oiseaux, il est aussi indiqué pour aborder son œuvre. Le fil, bien déroulé, peut être l’occasion pour les ados d’avoir un aperçu des années pré-1968 et des luttes féministes. La suite de ce diptyque devrait être haute en couleurs !

Moyenne des chroniqueurs
6.0