Golden Kamui 1. Golden Kamui 1

« Les faibles finissent dévorés ». La sentence, aux allures de leitmotiv, s'échappe de la bouche de Saichi Sugimoto, rescapé de la guerre russo-japonaise du début du XXè siècle. Revenu du front couvert de stigmates, il est aussi sans le sou. Il tente alors sa chance sur l’île d’Hokkaido, mais la ruée vers l’or et les chercheurs de pépites sont passés bien avant lui. Le pactole peut se trouver ailleurs, sans écumer les rivières : la rumeur veut qu’un détenu a stocké un magot. Pour l’atteindre, il faut résoudre une énigme dont la clé est imprimée… sur le corps de taulards tatoués. Le défi est de taille, la nature redoutable en ces lieux et la concurrence promet d’être sévère. Qu’importe, sa décision est prise, son but fixé. Un renfort inattendu ne sera pas inutile…

Avec Golden Kamui, le vent vivifiant de l’aventure souffle à nouveau ! Elle a du charme cette quête de la fortune rapide (et plutôt) mal acquise. Disposant d’un dessin élégant qui lui permet d’attirer le regard des non (ou peu) manga-philes amateurs de détails, la série s’appuie sur trois piliers bien agencés. Tout d’abord, une galerie de protagonistes bien définis, dont la personnalité n’est en rien monolithique. Surnommé l’« Immortel », l’ancien soldat est effectivement dur au mal, sait être impitoyable mais révèle une fissure morale qui le rend humain. Frêle, la jeune complice qui l’accompagnera dans son périple, dispose d’une connaissance si aboutie du milieu naturel qu’elle en devient une assurance, insoupçonnable a priori, contre ses dangers. Enfin, les méchants, chefs de troupe comme hommes de main, ont le charisme nécessaire ou, a minima, une aptitude à la bagarre suffisante pour être crédibles face au héros.

Deuxième ingrédient de choix : une chasse au trésor digne de ce nom. Construite autour d’un puzzle à assembler au gré des chapitres, cette intrigue peut constituer un fil rouge de choix et fournir un prétexte pour voir du pays.

Enfin, pour divertissante qu’elle soit, cette ouverture affiche immédiatement quelques inserts pédagogiques, dissertant autour de rappels historiques, d’accents naturalistes prononcés, voire anthropologiques. Ces parenthèses, adroitement intégrées, laissent planer un doute sur la cible de l’auteur mais les accès de violences y apportent régulièrement une réponse : il s'agit d'un seinen.

Arborant de solides atouts, Golden Kamui démarre sur des bases toniques et séduisantes qui en font le récit « feuilletonnant » le plus prometteur de cette rentrée.

Moyenne des chroniqueurs
7.0