Monolith 1. La voix dans le mur

A lice Cohen est une junkie qui vit dans les rues de New-York. Pourchassée par le caïd du coin à qui elle doit de l’argent, la jeune femme n’est pas vraiment promise à un avenir radieux. Heureusement, un beau jour, un avocat débarque en l’informant que, suite au décès de sa grand-mère, elle hérite d’une vieille maison dans le quartier de Brooklyn. La porte de sortie semble toute trouvée, sauf que la défunte a intégré plusieurs clauses à son testament, dont l’interdiction formelle de vendre la bâtisse. De plus, la nuit, Alice entend des bruits dans la cave, ainsi qu’une mystérieuse voix qui semble provenir de l’un des murs…

En reprenant les trois premiers épisodes de cette série de douze numéros publiés entre avril 2004 et mars 2005, les éditions Delcourt s’attaquent à une saga plutôt méconnue du public. Jimmy Palmiotti, Justin Gray (au scénario) et Phil Winslade (au dessin) y racontent l’histoire d’une fille rebelle qui se drogue et deale occasionnellement, mais dont le quotidien se retrouve totalement chamboulé suite à un héritage inattendu et la découverte d’une étrange créature. Si le récit résulte en la rencontre de la belle et de sa bête, il permet surtout aux auteurs de revisiter le mythe du Golem dans un cadre contemporain. En octroyant un brin de libre-arbitre à cet être artificiel fait d’argile et issu de la mythologie juive, ils parviennent même à lui donner un soupçon de profondeur.

La découverte progressive des origines de ce monstre à la force surhumaine à travers le journal de l'aïeule d’Alice offre également un témoignage intéressant sur le New-York des années 30, lors de la grande Dépression. Multipliant les flashbacks vers cette époque de l’entre-deux-guerres, ce récit mâtiné de fantastique invite donc à suivre deux histoires, qui se retrouvent liées par la présence de cet ersatz de super-héros. Visuellement, Phil Winslade dépeint un environnement urbain fourmillant de détails, ainsi qu’un personnage principal massif et particulièrement convaincant.

Ce premier tome de Monolith propose une mise en bouche plutôt réussie, qui donne envie de découvrir la suite !

Moyenne des chroniqueurs
6.0