Le roi-démon et moi, et nos 10 enfants 1. Tome 1

I l aura suffi d’un vœu, un seul, pour transporter Akari, une adolescente japonaise, au cœur du château du roi-démon Guran, dans le monde Evilfire. Désorientée, elle apprend qu’elle va devoir engendrer des enfants avec le souverain. Paniquée, la jeune fille, qui n’a jamais eu d’amoureux, cherche à gagner du temps. Pourtant, il n’y en a guère : la guerre fait rage entre l’Empire de Zodia et ses voisins humains et quelques rejetons démoniaques pourrait en inverser le cours.

Autrice de plusieurs shojo, Ema Tōyama (Vampire Dormitory, Our little secrets) s’essaie au shonen avec sa nouvelle série, Le Roi-démon et moi, et nos 10 enfants. S’inscrivant dans le registre de l’Isekai mettant en scène un personnage propulsé dans un univers parallèle (ici, après une invocation), ce titre prend l’allure d’une comédie, avec un zeste de romance à la clef. Comme tout volume introductif, celui-ci installe le décor et les acteurs. Directe, son entrée en matière ne laisse entrevoir que des informations succinctes sur l’héroïne avant qu’elle ne se retrouve auprès des créatures fantastiques et que ne commence l’aventure. En cela, la mangaka repend les codes habituels du genre et n’innove pas vraiment. En dévoilant progressivement la toile de fond, elle parvient cependant à retenir l’attention, à défaut de conquérir pleinement. Les protagonistes restent également peu développés et, pour l’instant, seule la mission de devenir mère tient le devant de la scène. Se voulant traitée avec humour, cette obligation de procréation avec un inconnu plus âgé pourra provoquer de la gêne ; heureusement, certaines situations sont finalement désamorcées plus ou moins finement, et une astuce vient sauver la mise. Les premiers pas dans la maternité et la relation entre Akari et Guran occupent le reste de l’histoire de façon assez mignonne, jusqu’à une fin en cliffhanger. Le dessin est à l’avenant : l’ensemble est dynamique, le trait est fin et expressif, tandis que les cadrages soulignent les émotions et jouent régulièrement le jeu du fan service avec des focus sur les parties girondes de la donzelle.

Reprenant de nombreux poncifs sans faire montre d’originalité, Le roi-démon et moi, et nos 10 enfants constitue une lecture légère, mais peu mémorable.

Moyenne des chroniqueurs
4.0