Black Knight Bat

B uichi Terasawa est surtout connu pour son œuvre Cobra the space pirate parue en 1979 et que le public français a pu découvrir dans sa version animée. Après un tel succès, le mangaka s'est fait plaisir en restant dans le domaine de la SF teintée de fantasy , tout en innovant son processus technique avec l'utilisation de l'outil informatique pour la création des planches, ce qui est révolutionnaire et avant-gardiste en 1985 !

Guidée par Robichou, Bat Duran retourne à Arkenciela, son monde d’origine. Cette jeune femme n'est pas n'importe qui, il s'agit de la princesse qui doit succéder sur le trône de la planète-vaisseau Astranef. Elle doit commencer par délivrer cette dernière du sceau avec lequel sa propre mère l’a immobilisé. Pour cela, Rochibou lui explique qu’elle possède les pouvoirs sacrés de «chevalier noir», qui lui permettront de récupérer l’épée du tonnerre, Glaivéclair et du même coup de libérer les quatre mousquetaires. Fu Chen, Lone wolf, Jet et Iron Bull sont en charge de la protection de Bat. Tous ensemble, ils devront lutter contre différentes créatures aux ordres de Brassman, l’empereur de la Mer Sombre.

Le synopsis donne le ton. Le récit est mené tambour battant avec un humour gaguesque, déjà présent dans Cobra, mais qui est délibérément plus fun et assumé. De plus, l'auteur multiplie les clins d’œil au genre de la fantasy et du roman d'aventure, ainsi qu'à la version Disney d'Alice. Certains personnages sont caricaturaux, mais cela sert la trame de l'histoire, qui suit les rouages scénaristiques de la Fantasy. À ceci près que le personnage principal est une femme, ce qui permet à Terasawa de s'amuser des clichés de ce genre littéraire tout en dessinant des pin-ups .

Le tome est une intégrale inédite. En effet, à partir de 1996 Terasawa décide de coloriser ses créations. Il revient alors sur Black Knight Bat. Une partie des planches étaient encore inédites au Japon lors de la colorisation, tant et si bien qu'Isan/Fuji Manga offre aux lectorat francophone une exclusivité mondiale avec la totalité de l'histoire. L'éditeur propose aussi une version noir et blanc de ce manga, disponible sur son site, pour les puristes. La version couleur est de belle facture, comme souvent chez cet éditeur. La qualité de papier est au rendez-vous. Seul le prix peut constituer un frein, mais la qualité se paie. L'intégrale commence par une préface de Jean-François Dufour qui revient sur la création de celle-ci. Ensuite, l'équipe d'Isan a eu l'idée de placer le reportage réalisé à l'occasion de la prépublication du premier chapitre au Japon. Il se présente sous la forme d'un roman photo où le mangaka milite pour l'utilisation du dessin par ordinateur. Avec la postface du dessinateur, l'ouvrage est complet.

Un manga amusant au trait agréable pour un premier travail en D.A.O. Les amateurs de fantasy humoristique, et surtout les fans de ce mangaka y trouveront leur compte !

Moyenne des chroniqueurs
6.0