Les contes drolatiques

I ls devaient être cent, ils ne furent que trente. « Ils » se sont Les contes drolatiques qu’Honoré de Balzac écrivit entre 1832 à 1837. En marge de ses classiques, le créateur de La Comédie humaine se livra, l’espace de trois dixains, à ce qui pourrait être considéré comme une récréation rabelaisienne en forme d’exutoire.

Anachronique, cette œuvre l’est à plus d’un titre et a de quoi faire perdre quelques illusions aux lecteur assidus d’Eugénie Grandet ou aux amateurs de cueillette de lys dans les vallées. Toutefois, sous leur apparence leste pour ne pas dire grivoise, ces historiettes permettent à Balzac de dépeindre les travers de son époque… à travers ceux d’une autre !

Reprenant le flambeau d’illustres ainés, les frères Brizzi adaptent la création de l’édile de Saché en choisissant quatre saynètes aux allures de digest décliné sur un nuancier de gris sépia. Les femmes y sont fragiles, graciles, mais pas naïves et les hommes caricaturaux et veules. Sur des péchés véniels ou pour une Imperia sous la coupe de certains prélats libidineux, le trait reste au crayon et les ombres ainsi que les estompes jouent, tantôt de la noirceur, tantôt de la douceur, sur des personnages à l’expressivité exacerbée.

En cent vingt pages licencieuses où la moralité n’est pas une vertu épiscopale à défaut d'être cardinale, Les contes drolatiques constitue une satire plus que plaisante à découvrir.

Moyenne des chroniqueurs
7.0