Lucky Luke (vu par...) 3. Wanted

L es temps changent, sa tête est mise à prix, les oies ne sont plus aussi blanches, les Indiens sortent de leur réserve et les vautours volent en groupe ! Dures journées en perspective pour le dernier poor lonesone cow-boy

S’inscrire dans les traces de son illustre prédécesseur, respecter les codes du genre, tenter de satisfaire les aficionados de la série tout en imprimant sa marque et en faisant évoluer le personnage, Matthieu Bonhomme a prouvé qu’il savait faire ! Cinq ans après L'Homme qui tua Lucky Luke, il se remet en selle au travers d’un nouvel épisode des aventures de l'homme qui tirait plus vite que son ombre.

Ce Lucky Luke (vu par...) s’adresse à ceux qui le découvrirent il y a déjà longtemps et qui, depuis, ont vieilli sans pour autant s’interdire de voir changer, avec eux, leur héros de jeunesse.

D’aucuns épilogueront sur les difficultés d’arrêter de fumer, d’autres s’attarderont sur la généalogie de la famille Defer ou sur une polyarthrite rhumatismale qui empêcherait de dégainer plus vite que son ombre... A chacun ses sujets de prédilection ! Ne faut-il pas plutôt (et plus simplement) savourer la capacité de Matthieu Bonhomme à donner au rôle-titre une autre dimension, tout en préservant les fondamentaux ? Exit donc une certaine propension à la caricature pour laisser place à une forme de réalisme plus en phase avec l’époque. Dès lors, nul besoin de jouer les exégètes pour remarquer les aplats de couleurs qui mettent en évidence l’encrage ; pour apprécier la structuration des planches ou la gestion des arrière-plans ; pour constater un sens évident du rythme et des enchainements ; ou enfin, pour sourire sur quelques références ou allusions respectueusement disséminées au fil du récit. Finalement, Lucky Luke apparaît ici beaucoup plus humain qu’à l’ordinaire, avec ses failles et son penchant pour les blondes bien roulées !

Wanted Lucky Luke dépoussière l’image du pauvre cow-boy solitaire et permet d’appréhender différemment cette icône du 9e Art qui ne s’appartient plus, sauf peut-être lorsqu’il chevauche seul à travers la plaine !

Moyenne des chroniqueurs
6.5