Search and Destroy 1. Volume 1

A lors que le pays se remet tant bien que mal de la guerre civile, la ville de Hachisuka voit cohabiter les « Hu » (pour humains) et les « Creech » (pour les robots). Les relations sont clairement tendues : dénigrement, jalousie, les ressentiments ne manquent ni d'un côté ni de l'autre. Alors que la misère et le crime gangrènent la métropole, nombreux sont ceux qui tentent de suivre, à l'image de Doro, gamin pickpocket qui risque sa vie à chaque coin de rue. Un jour, il croise la route d'Hyaku, jeune femme « rapiécée » de partout. Elle semble habitée d'une rage hors-norme... et tout va changer avec cette rencontre...

Une nouvelle série de Atsushi Kaneko est toujours un petit événement dans le microcosme manga. Le créateur de Bambi, Soil, Wet Moon et Deathco fait partie des auteurs au style reconnaissable au premier coup d'œil. Encrage gras et atmosphères poisseuses, ses histoires rappellent souvent celles d'artistes tels que David Lynch ou Charles Burns pour rester dans le neuvième art. Aussi, lorsque l'annonce de sa libre adaptation, en trois volumes, du Dororo du maître Osamu Tezuka (qui connaît l'honneur d'une réédition chez Delcourt/Tonkam), est apparue, l'envie de voir ce que le mangaka allait proposer proposer fut forte.

Ce premier opus ne déçoit pas. D'abord les ajustements : exit les démons, place à des robots-humanoïdes dans un monde cyberpunk, à la mode en ce moment. Comme Yukito Kishiro avec son Gunnm ou Masamune Shirow pour Ghost in Shell, l'artiste ancre ses personnages dans un milieu où les hommes et les machines cohabitent tant bien que mal. Le héros original, Hyakkimaru, devient une femme, Hyaku, amputée de quarante-huit de ses organes après la naissance. Enfin, le faire-valoir, Dororo, raccourcit son prénom en Doro. Pour le reste, la patte Kaneko est bien présente : scènes sanglantes et dynamiques, tension de tous les instants et toujours cette parfaite gestion du rythme et de la mise en scène. Toutefois, au risque de surprendre, les six chapitres s'avèrent assez linéaires. Même si des flashbacks enrichissent la personnalité de son héroïne, la trame progresse sans complexité, de manière naturelle, permettant une immersion rapide et une lecture fluide. Et, arrivé au terme des deux cents et quelques planches, l'envie de lire la suite est clairement présente !

Search and Destroy n'est certainement pas à mettre entre toutes les mains, mais fan de Kaneko, d'histoire menée tambour battant, de cyberpunk, de combats, de quête d'identité ou simplement de bons récits, il est impossible de faire l'impasse sur ce premier volume !

Moyenne des chroniqueurs
8.0