RIP 3. Ahmed - Au bon endroit au mauvais…

La mouche, toujours la mouche... c'est elle qui, la dernière, posera ses lèvres sur ma peau à présent glacée. Durant ma courte vie, je les aurais étudiées, décortiquées, analysées, aimées finalement. Nan, j'déconne ! Elles font simplement, comme un tas d'autres insectes charmants, parties intégrantes de mon boulot de flic, enfin, sous-flic diraient certains. Je suis entomologiste dans la police et je m'appelle Ahmed, pardon, m'appelais...

Au tour du troisième personnage d'être disséqué par le scalpel de Gaet's. Connaissant son destin depuis le début de la série, le lecteur découvre enfin son rôle dans cette sombre histoire. Le froid de la morgue supplante la chaleur humide des maisons où la mort a officié, plus ou moins proprement. Un changement d'ambiance s'opère également puisque le héros d'un tome jouit d'une certaine éducation et évolue dans un lieu aseptisé, au milieu de théoriciens et de policiers ; le langage de la voix off adopte donc un ton idoine. Le scénario s'attaque à l'autre côté de la mort, avec son aspect scientifique et ses explications tout à fait intéressantes et didactiques. La personnalité d'Ahmed induit une atmosphère moins cynique, c'est un jeune homme peu désabusé, pas encore fatigué ni dégouté par l'existence, mais avec de l'ambition et un appétit qui s'opposent aux caractères précédents, déjà vaincus par la fatalité. L'aspect investigation engendre un suspense d'autant plus captivant que l'intrigue se déroule en plein cœur du commissariat. Les pièces du puzzle montrées dans les récits précédents se mettent en place progressivement, notamment grâce aux scènes de déjà-vu vécues par d'autres yeux. Cela avance grandement mais le mystère reste opaque.

Julien Monier assure une parfaite continuité dans son dessin et sa superbe colorisation. Très à l'aise dans ce milieu morbide et glauque, l'artiste devient un professionnel des petites et grosses bêtes !

Plus une enquête qu'une tranche de vie, RIP trois riposte et marque encore cette fois avec Au bon endroit au mauvais moment. La dernière page annonce un virage surprenant en relançant les hypothèses.

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Lire la chronique du tome 2.

Moyenne des chroniqueurs
7.5