Le 16/03/2026 à 00:20:00
Un album à l’ambiance extrêmement réussie : un huis-clos dans un bloc opératoire clandestin. A l’intérieur, 4 personnages dont chacun est une menace pour les autres. A l’extérieur une autre forme de danger, bien plus dangereux, guette les protagonistes qui n’ont d’autre choix que de s’allier pour la circonstance. L’atmosphère vire au fantastique et devient vite suffocante. Le scenario dévoile par petite touche toute sa complexité en embarquant le lecteur dans un véritable cauchemar, dont il est difficile de deviner l’issue. C’est surprenant, sans répit, addictif. En revanche, ce rythme haletant ne laisse pas de place à des développements narratifs qui auraient été indispensables pour une meilleure compréhension de l’histoire. Quand l’action s’emballe, ça part dans tous les sens et certaines scènes peuvent devenir difficiles à décrypter. Le découpage n’aide pas toujours. Il est globalement très bien maitrisé mais quelques planches sont parfois peu intuitives et brouillent un peu la lecture. Pourtant, le dessin d’inspiration comics est ultra efficace. Les pages noires, les gros plans sur les visages crispés, la lumière blafarde super bien gérée… Mickaël Bourgouin nous met une claque. Son style est redoutable et parfaitement adapté à ce genre d’histoire glauque et violente. J’avoue que j’ai fini l’album sans être sûr d’avoir tout compris. Mais ça fonctionne. L’association d’un dessin virtuose et d’un récit obscur et bien trempé, en font une série B de luxe.Le 26/01/2026 à 10:49:50
Sorti le 2 janvier et déjà candidat à l’album de l’année, belle perf! Sous une énigmatique couverture mélangeant une esthétique pandémique, le sceau d’Hippocrate et les dents vampiriques, ce Serment attire la curiosité et démarre sur le format du huis-clos post-braquage en se centrant sur un intéressant personnage de froid médecin qui fait penser au Blackjack de Tezuka. D’un calme glacial, Alexandre semble capable de tout gérer dans son repaire médical de campagne. Méthodique, il a tout prévu et tient ses patients par le bout de son bistouri. Le gain est énorme, les clients sont pleins de leur forfait, la morale passera après. Découpé en quatre chapitres qui teasent magnifiquement l’évolution d’un récit traversant plusieurs genres, l’album est un bijou de construction narrative! Démarrant en huis clos, l’irruption de l’invité mystère instille un doute aberrant sur l’hypothèse fantastique auquel on ne croit pas beaucoup, le scénariste calant notre perception sur celle de l’hyper-cartésien médecin. Jouant astucieusement avec ses quatre personnages qui introduisent des tensions en sous-intrigues, le récit évolue ensuite lorsqu’arrive l’élément extérieur de l’agence sanitaire: conspiration vampirique arrivée pour les éliminer ou administration appliquant les protocoles adaptés au risque d’un virus mutagène? La grande force du récit est de mélanger le doute fantastique et celui de la conspiration, dans un alliage très original qui renouvelle deux genres éculés. Chaque chapitre progressant de façon déterminante en faisant évoluer l’histoire dans un sens nouveau, l’album nous tient en haleine en nous faisant oublier certaines zones d’ombres ou incohérences de la révélation par un rythme qui nous laisse sous respirateur euphorisant. Aussi à l’aise dans les atmosphères d’ombre que dans les nombreuses séquences d’action bardées de twists, Mikael Bourgoin, découvert sur le sublime Blue Note (coup de cœur du blog) propose des planches détaillées, dynamiques, au découpage créatif. Son trait rappelle par moment Sean Murphy, en plus précis, et nous oppresse avec des fonds noirs omniprésents, lorsqu’il n’illumine pas par des surgissements artistiques en pleines pages mythologiques. Sans défauts apparents hormis pour les scénaristes en herbe qui pourront pinailler sur une explication pas forcément totalement étanche, ce Serment pousse le talent jusqu’à un épilogue gourmand qui pourrait autoriser une prolongation si le succès (inévitable) est au rendez-vous. Des BD comme ça pour commencer l’année ça vous met en joie pour les douze prochains mois! Lire sur le blog: https://etagereimaginaire.wordpress.com/2026/01/14/le-serment/Le 10/01/2026 à 15:52:38
Un album qui par son dessin, son ambiance et son genre (thriller fantastique, avec en toile de fond un complot mêlant une mystérieuse agence gouvernementale et des créatures surnaturelles) évoque un peu LE CHANT DES STRYGES. Étant amateur du genre, j'ai fortement apprécié la lecture de cet opus. Trait réaliste très dynamique, cadrages quasi cinématographiques, colorisation très sombre bien en accord avec le thème de l'album ... Le dessin envoie du lourd et est pour moi le point fort de l'album. Mais le scénario n'est pas en reste, avec une intrigue bien sombre et bien prenante. L'album est un one-shot et se suffit à lui-même, mais la fin laisse tout de même entrevoir la possibilité pour une suite. Je ne dirais pas non !BDGest 2014 - Tous droits réservés