Résumé: Prague,1938. L'Europe sombre peu à peu dans la haine et l'intolérance, et une nouvelle guerre mondiale semble inévitable. À la tête de ce chaos, un certain Hitler, que d'aucuns disent guidé par le Diable lui-même. Et si ce n'était pas qu'une simple métaphore ? Lucifer, retenu à la surface contre son gré, erre dans les rues de la capitale tchécoslovaque, incapable de retourner en enfer.
La clé de sa liberté réside en Coral, une jeune fille juive à l'esprit vif, seule capable de le voir. Une étrange cohabitation s'installe alors entre...
A
près l’annexion des Sudètes, les bottes nazies battront bientôt les pavés de Prague, triste prélude à la Seconde Guerre mondiale. Faut-il voir là la main du Diable qui, pour l’heure, erre dans les rues de la capitale tchécoslovaque dans l’espoir de corrompre Coral, une jeune femme dont il s’évertue à s’emparer de l’âme... ?
En tant qu’auteur complet, Le Diable et Coral est le premier album de José Homs. Pour l’occasion, il reprend le thème séculaire du Bien et du Mal, ainsi que celui du pacte faustien, avec en guest star un maître des Ténèbres, inopinément retenu ici-bas ! Mais pour donner plus de consistance à son histoire, le dessinateur de Shi met aux prises le Diable avec Coral, une sorcière en devenir seule capable de le voir, et plonge les deux protagonistes dans le maelström d’avant-guerre (la Seconde !) tout en ressuscitant le mythe du Golem du Marahal de Prague…
De prime abord, l’ensemble peut paraître quelque peu confus, mais tous les personnages prennent progressivement leur dimension et leur place dans ce récit dominé par un Lucifer, méphistophélique en diable. Cependant, la grande force de José Homs demeure la finesse et la précision de sa partition graphique, où il démontre, une fois encore, un talent qui n’a plus rien à prouver, tant par la variété de ses mises en couleurs que par la qualité de son trait, notamment dans l’interprétation de l’Enfer, où les diverses influences du genre restent au service d’une représentation très personnelle.
L’illustrateur était connu, Le Diable et Coral laisse à découvrir le scénariste qui, ici, ne démérite en rien.
La preview
Les avis
ArvoBlack
Le 30/03/2026 à 15:51:56
"Le diable et Coral" est une proposition de José Homs qui tient à lui seul le récit pour la première fois en tant qu'auteur complet (scénario et dessin).
Depuis ces débuts dans la BD, José Homs oscille entre la fiction réaliste ("L'angélus" avec Giroud), le thriller ("Millenium" avec Runberg) ou l'aventure fantastico-historique ("Shi" avec Zidrou). On retrouve dans "Le diable et Coral" un récit ésotérique avec le trait si caractéristique de l'auteur qui donne à ses illustrations un caractère unique, que je suis avec attention et surtout plaisir. Une connaissance poussée dans le dessin avec une imagination débordante donne de belles illustrations ; s'ajoute à cela un découpage dynamique, avec certaines illustrations en page complète., dommage pour le format un peu petit du one-shot. La mise en couleur est également plus douce et moins saturée que ce que j'ai pu voir dans les autres œuvres de Homs.
Coté récit, j'ai apprécié la première partie (jusqu'au chapitre V "Les enfers"), à déambuler dans les rues de Prague ainsi que la rencontre avec Coral et de son acolyte "Le diable". La deuxième partie, malgré l'univers graphique toujours très riche, trouve des solutions trop facilse pour sortir Coral de la panade, notamment avec Puky, un magnifique Deus ex-machina qui casse l'attente autour du sort de Coral. Ainsi, le récit perd en qualité sur la dernière partie. L'humour est aussi une partie intégrante du one-shot, mais je trouve sur le fin qu'il a du mal à jongler entre le récit d'aventure et d'humour.
En résumé, j'ai apprécié la lecture mais le récit manque un peu de force et profondeur pour le rendre captivant, avec l'impression parfois que l'histoire ne se prend elle-même pas au sérieux, le récit perd donc de sa superbe.
Bourbix
Le 30/06/2025 à 18:05:48
Une fable gothique diablement bien écrite et mise en image. Le lien entre les différents protagonistes s'étoffe brillamment au fil du récit jusqu'à la conclusion digne des meilleurs Hellboy ou Constantine. Un BD à découvrir en écoutant du Danny Elfmann en fond musical, voir du John Carpenter ;)