Résumé: D'après le roman de Miguel Bonnefoy.
Dans un petit village des Caraïbes, où la légende d'un trésor disparu vient bouleverser l'existence de la famille Otero, les explorateurs se succèdent. Tous sont à la recherche du butin du capitaine Henry Morgan. Et tous vont croiser le chemin de Serena Otero, l'héritière de la plantation de cannes à sucre qui rêve à d'autres horizons, ainsi que celui de sa fille, Eva Fuego.
Au fil des ans, tandis que la propriété familiale prospère, qu'elle distille alors le meilleur rhum de la région, chacun cherche le trésor qui donnera un sens à sa vie.
Et si le véritable trésor n'était pas celui qu'ils croyaient ?
Avec cette adaptation du roman de Miguel Bonnefoy, Ricard Efa et Virginie Ollagnier nous transportent dans un récit transgénérationnel empreint de réalisme magique qui fait la part belle aux femmes de la famille Otero, véritables héroïnes de ce récit.
Dans un petit village des Caraïbes, où la légende d'un trésor disparu vient bouleverser l'existence de la famille Otero, les explorateurs se succèdent. Tous sont à la recherche du butin du capitaine Henry Morgan. Et tous vont croiser le chemin de Serena Otero, l'héritière de la plantation de cannes à sucre qui rêve à d'autres horizons, ainsi que celui de sa fille, Eva Fuego.
Au fil des ans, tandis que la propriété familiale prospère, qu'elle distille alors le meilleur rhum de la région, chacun cherche le trésor qui donnera un sens à sa vie.
Et si le véritable trésor n'était pas celui qu'ils croyaient ?
Avec cette adaptation du roman de Miguel Bonnefoy, Ricard Efa et Virginie Ollagnier nous transportent dans un récit transgénérationnel empreint de réalisme magique qui fait la part belle aux femmes de la famille Otero, véritables héroïnes de ce récit.
Q
uelque part au Venezuel, une légende circule : le butin du pirate Henry Morgan reposerait non loin de la ferme de la famille Otero. De temps à autre, des aventuriers débarquent, persuadés d’être ceux qui mettront enfin la main sur le trésor tant convoité. En vain.
Depuis longtemps, Ezekiel et Candelaria ne prêtent plus attention à cet épisode folklorique de l’histoire locale. Leur fille Serena, en revanche, nourrit d’autres rêves : elle attend obstinément un amour qui se fait désirer. Aucun homme des alentours ne semble à la hauteur de ses attentes. Pour tromper sa solitude, elle envoie de mystérieux messages à la radio locale. Sans réponse.
Lorsque Severo se présente à la ferme, il ne paraît guère différent des autres chasseurs de trésor. En échange de quelques travaux agricoles, il obtient le gîte, consacrant tout son temps libre à fouiller les marais. Peu à peu, cependant, il comprend que la véritable fortune pourrait se trouver bien plus près qu’il ne l’imaginait. Un mariage avantageux avec Serena lui ouvre la voie à l’héritage de la rhumerie familiale, qu’il modernise à marche forcée. La découverte d’un bébé abandonné lui procure ce que son épouse ne parvient pas à lui offrir : une descendance.
Cette saga familiale, teintée de réalisme magique, évoque immanquablement la plume de Gabriel García Márquez. La reconstitution historique se mêle à une part de merveilleux et d’irrationnel, conférant au récit un charme indéniable. Mais il ne faut pas s’y tromper : sous les apparences d’une chronique paysanne se dissimule une critique acerbe du capitalisme. Qu’il s’agisse de mettre la main sur des doublons ou de conquérir des parts de marché, la logique de violence reste la même. Pour satisfaire leur ambition, les plus avides n’hésitent jamais à exploiter ou sacrifier les plus vulnérables.
En adaptant le roman de Miguel Bonnefoy, Virginie Ollagnier signe un récit dense et maîtrisé. Elle joue habilement avec le temps qui passe, notamment grâce aux informations diffusées à la radio — procédé certes anachronique, mais parfaitement cohérent dans une narration qui relève davantage de la fable que du réalisme strict. Le dessin de Richard Efa accompagne subtilement cette évolution : le vieillissement des personnages est parfaitement rendu, et la transformation progressive des bâtiments de la propriété Otero — dominée par une statue de Diane, autre étrangeté judicieusement intégrée — offre autant d’indices sur la prospérité familiale.
Sans révolutionner le genre, Sucre Noir se révèle une belle surprise : une œuvre singulière, riche et élégante, qui mêle avec finesse chronique familiale, parabole sociale et souffle mythique.