Résumé: Il voulait fournir l’équivalent de la richesse à la classe ouvrière.
Elle voulait une utopie durable.
Glannes, connue sous le nom de Madame Fourier, est enlevée par Émile Godin, alias Maître Caïus. Obsédé par la jalousie, il tente, par l’hypnose, d’effacer ses souvenirs et de détruire l’utopie qu’elle a fondée à Paris pour les rebuts de la société. Prêt à tout, il cherche à la briser.
Lorsque Jean-Baptiste Godin, père adoptif de Glannes et fondateur du Familistère de Guise, découvre ce que son fils Émile prépare, il s’y oppose aussitôt. Pour autant, le face-à-face entre les deux hommes révèle la profonde distance idéologique entre l’utopie de Godin, créée pour le monde ouvrier, et celle que Glannes tente de réinventer pour le monde du crime. Combien de temps Glannes pourra-t-elle encore résister ? Et quel sera le prix de ce combat pour le Familistère de Paris et celui de Guise ?
L’utopie semble s’éteindre, emportant avec elle les espoirs de ceux qui rêvaient de changer le monde...
P
aris, mai 1884. Mme Fourier a été enlevée. Aussitôt, les membres du familistère du crime se lancent à sa recherche. Pendant ce temps, Maître Caïus entreprend de ré-utopiser sa captive et d'en apprendre davantage sur la rue de la Grande Truanderie qu'il tient comme une perversion des idéaux de son père Jean-Baptiste Godin. Pour arriver à ses fins, il use d'une méthode de torture par l'hypnose.
Le rythme de l'intrigue est plus soutenu dans ce second tome. Les lecteurs en apprendront davantage sur ce qui est arrivé à Glannes après qu'elle a été chassée du familistère de Guise, et sur les étapes de la création de la rue de la Grande Truanderie. Jean-David Morvan donne une plus grande ampleur à son personnage principal, insistant sur sa volonté d'appliquer l'idéologie de Godin aux plus pauvres et aux laissés pour compte. L'intrigue repose sur un triangle. Echappant à la caricature, chacun défend son raisonnement et son travail avec des objectifs différents. Là où le scénariste surprend, c'est dans le dernier tiers de l'album avec un twist bien pensé qui amène une fin amère et quelque peu précipitée.
Les qualités graphiques de Romain Rousseaux-Perin sont indéniables. Architecte de formation, il composent des décors d'une précision rare. Certaines planches, "vues de dessus", donnent une envergure particulière aux lieux représentés. La variété des angles appuie la progression de l'intrigue, renforçant l’intensité des moments forts de l'histoire.
Ce dernier tome de La rue de la Grande Truanderie conclut admirablement une histoire rythmée autour de la jalousie et des destins naissant à partir d’idéaux.
Les avis
Touriste-amateur
Le 11/02/2026 à 22:41:26
J'ai été conquis par ce second opus que je trouve encore plus abouti que le premier alors qu'on comprend dès l'introduction (la 4ème de couv) que tout ne va pas être rose....
Les personnages sont profonds, l'histoire (sous fond historique) captivante.
Juste, je n 'ai pas compris le dénouement. Je me demandais bien comment ça pourrait se terminer, surtout qu'à 3pages de la fin on est encore à fond dans les rebondissements de l'histoire.
Et bien... ça se termine d'un coup, presque "en eau de boudin". Dommage quand même.
Mais à lire absolument!