A
16 ans, Li Memling s’ennuie terriblement dans la ville portuaire où elle habite. La tête remplie des héros des bandes dessinées qu’elle lit, elle rêve de devenir une belle justicière aux super-pouvoirs. Grâce à la fée An’nuo, la voilà transformée et dotée d’une grande puissance. Après quelques péripéties dont Li Memling ne sait pas trop si elles ont été réelles, quelques changements apparaissent autour de la jeune fille et son quotidien se modifie. Sa rencontre avec deux garçons farceurs et drôles pimente encore un peu plus sa vie.
Avec Mimi et News Boy, La Rêveuse ouvre la nouvelle collection lancée par Casterman, dédiée aux bandes dessinées chinoises : Hua Shu. Le dossier de presse annonce que la série de Yao Fei La a connu un tel succès en Chine entre 1995 et 2001 qu’elle a été adaptée en dessin animé à la télévision. Cependant la lecture du premier tome laisse sceptique. Certes le jeu sur la mise en scène de l’imagination débridée de l’héroïne et le côté parodique peuvent être amusants. Mais les délires de Li Memling ainsi que leurs résultats font long feu, car le lecteur se perd sur les chemins flous et fluctuants d’un scénario qui semble n’avoir ni tenant ni aboutissant. Comme dans un rêve… à ceci près que dans ce songe-ci la confusion est telle qu’on goûte à peine l’évolution de l’intrigue ou les moments potentiellement les plus humoristiques. Le dessin, simple, est expressif jusqu’à l’exagération afin d’augmenter des ressorts comiques qui fonctionnent mal. Un aspect rétro flotte sur les passages où la fée intervient et où Li Memling est transformée en une sorte de magical-girl ; pourtant loin d’évoquer une quelconque madeleine de Proust cela à une odeur de naphtaline. Le découpage classique, l’absence de décors, et le recours habituel aux trames pour créer des ambiances ne relèvent pas l’ensemble.
Une lecture laborieuse donc et qui n’incite guère à poursuivre avec les cinq volumes suivants. Reste une initiative à saluer et l’espoir que d’autres titres plus intéressants étayeront le catalogue Hua Shu.