Info édition : Préface "Les indigènes oubliés de la résistance" de Jack Lang.
Dossier de 14 pages à la fin sur les résistants oubliés, avec textes, photos, témoignages.
Résumé: Si nous conservons en mémoire l'image du maquisard français, risquant courageusement sa vie, caché dans les forêts et les montages de l'Hexagone, nous avons oublié qu'à ses côtés, ce sont plusieurs dizaines de nationalités qui ont combattu la barbarie pendant la seconde guerre mondiale.
Cet album raconte cette facette de la grande histoire de la Résistance française, en honorant la mémoire de tous ces résistants oubliés qui ont sacrifié leur vie pour sauver notre pays.
À
l’heure où la société française s'agite au sujet des diverses manières de concevoir la notion d’identité nationale et sur ce qui peut permettre de former une nation, voici un livre qui apporte un témoignage oublié par les livres d’histoire et dont la portée est toujours d’actualité. Durant la Seconde Guerre mondiale, des milliers d’étrangers (Allemands, Italiens, Espagnols, Africains et Asiatiques) ont rejoint les rangs de la résistance, participant au combat contre le nazisme et donnant leur vie pour un pays qui n’était pas le leur.
Olivier Jouvray et Kamel Mouellef mettent en avant ces faits probablement méconnus du grand public à travers plusieurs histoires individuelles, éclairant l’action de ces anonymes que rien ne prédestinait ni n’obligeait à consentir à de tels sacrifices. Le ton adopté par le duo est très documentaire, relativement clinique, et par conséquent un peu froid, caractéristique qui se dégage également du dessin de Baptiste Payen. Si les pages se parcourent agréablement, son trait n’en demeure pas moins assez rigide et peu expressif. Mais, finalement, cette retenue ne nuit pas à la lecture : pas besoin d’artifices romanesques, les faits sont là, bruts et durs, et le message, appuyé par un carnet spécial de quatorze pages, est bien porté.
Par-delà leurs différences, des hommes ont réussi à se rassembler autour de valeurs universelles dans des conditions dramatiques. Pourquoi est-ce si dur en temps de paix ?
Les avis
Erik67
Le 04/09/2020 à 14:59:27
C'est un album témoignage pour nous dire que la Résistance de l'armée française, ce n'était pas que des français de l'intérieur mais également des soldats indigènes qui se sont sacrifiés pour lutter contre le nazisme. L'album va au-delà pour nous dire qu'il s'agissait également de femmes, de gens de toute nationalité et même des allemands, des italiens ou des espagnols ayant fui leur régime totalitaire.
Jack Lang signe une belle préface en sa qualité de Président de l'institut arabe en reconnaissant un important travail de recherche mémoriel dans cette BD qui lui donne un intérêt historique et fait d'elle un véritable outil pédagogique. C'est la vérité et il faut sans doute le dire aux jeunes générations. La résistance avait ainsi plusieurs visages et pas que celui façonné par le Général de Gaulle, loin de là !
Au rayon des critiques, je dirai que la narration est parfois pesante et qu'on passe de la fin de la guerre à un retour sur le conflit dans une construction un peu illogique mais thématique. En prime, à la fin de l'ouvrage, le lecteur trouvera un véritable cahier historique avec des photos et des explications bien utiles.
A la fin du récit, on nous dit sans doute à juste titre que cet ennemi qui a été vaincu était parfaitement identifiable mais qu'aujourd'hui, il reparaît sous d'autres formes qu'on appelle intolérance, amalgame, xénophobie ou racisme. Ces résistants qui ont combattu contre la barbarie et l'injustice étaient capables de voir l'être humain généreux et courageux qu'il soit noir, juif ou chrétien. Oui, juste un être humain.